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L'EXPÉDITION PARTICULIÈRE

dans la baie le la Clyde. Entre temps, on espérait réunir à Brest, grâce à la jonction avec l’escadre de la Méditerranée, une flotte de 28 vaisseaux de ligne assez forte pour en imposer aux Anglais ou tout au moins pour détourner leur attention du convoi. Aussitôt débarqué, Aiguillon marcherait sur Édimbourg (1) et s'emparerait du château de cette ville; on comptait sur le concours d’une fraction de la nation écossaise et on estimait qu'il pourrait lever dans le pays #.000 recrues qui grossiraient les régiments étrangers de son corps. Il était autorisé à entamer des pourparlers avec le gouvernement britannique, mais il lui était défendu de se lier par aucun engagement avec les partisans de la maison de Stuart. D'autre part, Choiseul avait ouvert des négociations à Stockholm pour l'envoi de 40 à 12.000 Suédois qui viendraient rejoindre le corps expéditionnaire en Écosse. Le commandant de la division d'escorte, Bigot de Morogues (2), avait la latitude de relàcher en Helande, mais de cette île il devait gagner l'Écosse, mettre Les troupes à terre sur la côte occidentale ou, en cas d’impossibilité, sur la côte orientale de ce royaume. Deux autres corps d'armée, commandés par Soubise et Chevert, seraient expédiés, le premier, des ports de la Normandie, le second de ceux de Flandre; destinés à une descente en Angleterre, ils devaient traverser la Manche dans des flottilles de bateaux plats dont la construction se poursuivait avec activité dans les chantiers de la côte. Pour la réussite de ces projets audacieux, il eût fallu une prompte exécution qui n'était guère compatible avec la faiblesse de notre marine, la pénurie de ses ressources, la timidité de ses officiers et surtout le manque de fonds. La cour de Saint-James, mise en éveil par des préparatifs

(1) Instructions pour Aiguillon. Juillet 1759, Archives ‘ce la Marine B,. 4.

?) Instructions pour Bigot de Morogues. Archives de la Marine B. EXXX VI.

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qu'il était impossible de tenir secrets, eut tout le loisir de concerter ses mesures de défense.

Nous avons déjà relaté la croisière de Boscawen dans la Méditerranée et les événements qui empêchèrent la jonetion de l’escadre de Toulon avec celle de Brest. Le contreamiral Rodney, avec une division légère, fut chargé d'un coup de main sur les bâtiments réunis au Havre et sur les chantiers de cette ville. Le # juillet (1), # bombardes et 2 dogres, armés chacun de 2 mortiers, ouvrirent le feu à 2.800 toises; on ne put y répondre d’une façon efficace, le canon des batteries de terre n'ayant qu'une portée de 1.800 toises. Au surplus, le bombardement n'eut d’autre résultat que la destruction plus ou moins complète d'une trentaine de maisons, de trois corderies, de quelques bateaux et d’une grande quantité de planches; une tentative des Anglais pour pénétrer en Seine fut repoussée, et dès le 7 juillet, le travail avait repris dans les cales du Havre.

Mais c'était du côté de Brest que le danger paraissait le plus imminent, aussi l'amiral Hawke eut-il mission, avec 2% vaisseaux, de surveiller les côtes de Bretagne, le gros devant Brest, quelques bâtiments détachés aux abords d'Audierne et de Lorient, et une réserve à Plymouth pour faciliter le ravitaillement successif. Avec la confiance qu’engendre le succès, Hawke écrivait (2) à l'amirauté : « Cela m'est indifférent d’avoir à combattre l'ennemi, s'il

sort, à nombre égal ou avec un vaisseau de plus ou en moins. »

Pendant l'automne, le cabinet de Versailles activa de son mieux les préliminaires de l'expédition. La première difficulté fut de rassembler le convoi à Port-Louis, où le rendez-vous avait été donné; vers le milieu de septembre, 60 navires expédiés de Bordeaux et de Nantes étaient arri-

(1) Récit du bombardement du Havre et lettre de Rouen. Archives de la Marine. B. 4. XC, (2) Hawke à Clevland, 4 août 1759. Record Office.

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