‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 197 sur 303 · VAISSEAUX FRANÇAIS REFUGIÉS DANS LA VILAINE · texte numérisé non relu

VAISSEAUX FRANÇAIS REFUGIÉS DANS LA VILAINE

mois dans l'intention de trancher le sort des deux nations avec M. de Conflans en pleine mer; il n’a pas voulu m’attendre... et m'oblige à avoir recours à des moyens qui répugnent à mes sentiments naturels et à mettre la contrée à feu et à sang. » La controverse se termina par le refus de remettre aux Anglais les matelots du Héros et par le bombardement inutile du bourg du Croïsic.

En Angleterre, l’'émoi avait été grand quand on apprit la sortie de l’escadre de Brest, aussi dépêcha-t-on à Hawke des renforts qui n'arrivèrent d’ailleurs qu'après l’action. A ce propos, le zèle déployé par les commandants anglais fait ressortir l'excellent esprit qui existait dans les rangs supérieurs de leur marine. C’est ainsi que l'amiral Saunders qui revenait du siège de Québec avec une partie de son commandement, mis au courant de ce qui se passait sur les côtes de Bretagne, alors qu'il entrait en Manche, n’hésita pas à faire route, sans relâche préalable, pour rejoindre l'amiral Hawke, dont il rallia la flotte le 26 novembre, cinq jours après le combat. IL est impossible de ne pas contraster cette initiative heureuse avec l’inertie flegmatique &e Bompart, dont les 6 vaisseaux, rentrés à Brest le 7 novembre, auraient pu par leur présence changer en victoire le désastre du 20.

En résumé, le combat des Cardinaux, ou la bataille de M. de Conflans, comme on l’appela à l’époque, fit peu d'honneur à la marine de Louis XV. C’est à bon droit que l'historien Mahan parle de l'affaire comme du Trafalgar de la guerre de Sept ans. L’amiral français, s'il ne mérita pas l’accusation de lâcheté qui à été quelquefois lancée contre lui, justifia le verdict d'incapacité que lui à décerné l’histoire. Bien qu'inférieur de quelques unités aux Anglais, il aurait moins souffert dans un engagement au large de Belle-Isle que dans l’entonnoir où il entraina son escadre. Hawke, qui avait 27 vaisseaux (1), dont # de

(1) Clowes. Royal Navy, vol. IT, p. 218.

RON RÉ Mes

50 canons, à opposer aux 21 de Conflans, sut tirer parti de sa supériorité; il montra beaucoup d'audace en poursuivant son adversaire et en pénétrant avec lui, par gros temps, sans pilotes et avec Le vent soufflant à terre, dans des parages inconnus et semés de récifs. De côté et d'autre, peu de vaisseaux prirent réellement part à l'affaire : dans l'escadre francaise, seuls, le Formidable, le Magnilique, le Héros, le Juste, le Thésée, appartenant presque tous à l'arrière-garde du brave Du Verger, furent successivement engagés. La plupart des bâtiments réfugiés à Rochefort n’eurent que des pertes insignifiantes ; ceux qui étaient entrés dans la Vilaine furent encore moins éprouvés. Comment, en l'occurrence, expliquer l'isolement dans lequel se trouva l'amiral francais dans la matinée du 21 novembre? La cour de Versailles, bénigne selon son habitude, ne soumit à aucune enquête les capitaines qui avaient abandonné leur chef; elle se contenta de laisser sans commandement le pauvre Conflans et de faire attendre à Beauffremont et à Villars de la Brosse (1) leur promotion au grade supérieur. L'opinion des con temporains fut plus sévère : « Les circonstances de cette journée, écrivait un officier de l’escadre (2), sont à la honte de notre marine et ne prouvent que trop qu'elle à peu d'officiers qui aient de la volonté, du courage et du talent, et qu'il est impossible de s'en servir à moins de la refondre entièrement et de lui donner des chefs capables de la conduire. » Quant aux matelots, en majorité bretons, des navires qui avaient combattu, ils n’eurent guère à se louer de l'administration; le commissaire Le Brun se

plaint amèrement (3) de n'avoir pas de fonds « pour payer

(1) Villars de la brosse était le plus ancien capitaine des vaisseaux réfugiés en Vilaine.

(2) Rapport sur le combat du 20 novembre. Archives de la Marine. B. 4, vol. LXXXVII.

(3) Le Brun au Ministre, 29 novembre 1759. Archives de la Marine. B. 4, vol. LXXXV.

rti de rsuigros dans d'auaire :

rynipresurent réfuntes; hoins solematiselon aines a de t de se (1) con cette à la le à t du de la ables tons, ‘re à in se payer

sseaux . B. 4,

Le oh Pen À

Page 1