‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 200 sur 303 · LALLY NOMMÉ COMMISSAIRE GÉNÉRAL AUX INDES · texte numérisé non relu

LALLY NOMMÉ COMMISSAIRE GÉNÉRAL AUX INDES

terminer les troubles et de se retirer des engagements où elle est entrée avec les puissances du pays, qui, comme la guerre, sont également ruineux et préjudiciables au commerce, » Cette invitation à appliquer une politique absolument opposée aux idées d'expansion qu'avaient suivies Dupleix et son lieutenant Bussy, était complétée par la latitude de maintenir ce dernier dans le Decan, de le rappeler ou de le remplacer, Enfin Lally aurait à sévir centre la vénalité des fonctionnaires locaux. « Comme les troubles de linde ont été la source d'un grand nombre de fortunes particulières promptes et subites, le même système règne toujours dans Pondichéry où ceux qui n'ont point encore fait fortune espèrent la faire par les mêmes moyens... Le sieur de Lallv aura beaucoup de peine à y déraciner cet esprit de cupidité, et ce serait un des plus grands services qu'il pourrait rendre à la Compagnie. » Comme objectif militaire, on lui indiquait la prise de Gondelour et du fort Saint-David: : 1l devait oùblier pour un temps que les Anglais possèdent aucune place dans l'intérieur: tout son objet doit être de s'emparer des places maritimes. »

Le corps expéditionnaire, d'abord fixé à un chiffre plus élevé, fut réduit aux deux régiments de Lorraine et de Lally, chacun fort de 2 bataillons de 510 hommes, et à un détachement de 150 artilleurs. Ces unités, qui devaient se Joindre aux forces coloniales de la Compagnie, furent embarquées sur une escadre dont le commandement fut confié à M. d'Aché. La première division fit voile le 30 décembre 1756, séjourna à l'île de France, à Madagascar, et parvint à Pondichéry le 8 septembre 1757. Le chevalier de Soupire qui était à la tête des troupes, aussitôt débarqué, entreprit le siège de Chiloupet, qu'il emporta après 17 jours de tranchée. I avait fallu remplir les vides dans le régiment de Lorraine, dus à la longue traversée et aux maladies qui en étaient l'accompagnement, en faisant des

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pr‘lèvements sur les soldats coloniaux; Sourire se plaint du physique de ces recrues, dont la taille ne dépasse guère cinq pieds un pouce.

On reprocha avec raison au gouverneur général Leyrit de s'être contenté de ce premier succès et d’avoir perdu trois mois pendant lesquels il aurait pu profiter de la supériorité de ses forces de terre. A cette date, eu effet, les Anglais ({) n'avaient que peu de troupes blanches dans leurs places de la côte de Coromandel. S'il faut s'en rapporter à la correspondance de Soupire, l’inaction avait été ausée par le manque d'argent; à son arrivée il n'avait pas trouvé (2) une roupie dans la caisse et n'aurait pu entrer en campagne sans les 1.600.000 livres apportées de France. Ces espèces furent bientôt épuisées : « Si j'eusse eu des fonds, écrit-il au ministre (3), et des munitions. j'eusse abrégé bien de la besogne à M. de Lall:;: non seulement je ne puis sortir, mais tous les ouvrages et prépa- ‘atifs pour les opérations de guerre sont suspendus; les dépenses excèdent de moitié les recettes, Si l’on n'envoie

pas de France dix millions par an, toutes les dépenses de l'armement pour le transport des troupes seront infructueuses. »

D'Aché, avec le reste du corps expéditionnaire, avait quitté Lorient dans les premiers jours de mai 1757; après uue interminable navigation qui coûta la vie à 19 officiers et 307 matelots et soldats, il fit relâche à l’île de France, n'en repartit que le 28 janvier 1758 et riouilla Le 26 avril à Karikal; deux jours après, il était au large de Gondelour ou Cuddalore, avec son escadre de 9 vaisseaux, dont 1

(1) Soupire à Paulmy, Pondichéry, 28 janvier 1758. Archives de la Guerre, vol. 3541.

(2) Soupire à d'Argenson, Valdavore, 13 octobre 1757. Bibliothèque de l'Arsenal

(3) Soupire à d'Argenson, Pondichéry, 15 février 1758. Bibliothèque de l'arsenal.

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