‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 201 sur 303 · COMBAT NAVAL DE CUDDALORE · texte numérisé non relu

COMBAT NAVAL DE CUDDALORE

de la marine royale, et les autres appartenant à la Compagnie, I débuta heureusenient en coupant la retraite à deux frégates anglaises qui furent obligées de s'échouer, et brülées par leurs équipages; mais il dut affaiblir ses forces en détachant le vaisseau le Comte de Provence et la frégate la Diligente, pour déposer Lally à Pondichéry. Le 29, on apercut l’escadre anglaise de l'amiral Pocock, forte de 7 vaisseaux: celui-ci avait été rejoint depuis cinq jours seulement par le commodore Stevens, qui lui amenait d'Angleterre et en dernier lieu de Bombay, un renfort de # vaisseaux. Un peu pus de diligence de la part de d'Aché lui eût permis de gagner sur les onze mois qu'il avait employés à faire le voyage d'Europe; parvenu quelques jours plus tôt sur la côte, il càt pu empêcher la réunion de ses adversaires, ou peut-être battre Pocock avant la venue de Stevens. Les flott. ne cherchèrent pas à s'éviter, et l'action s'engagea presque aussitôt; elle dura 2 heures et demie #t fut chaude sans être décisive: il y eut des défaillances de part et d'autre : ie Duc de Bourgogne « ne garda (1) nine fut jamais à son poste; au contraire, dès le commencement de l'action, il arriva et ne corabattit qu'à travers les mâts de nos vaisseaux, dont il s'était mis à l’abri. » D'Aché mit à pied le commandant La Prée de Mannevillette, navigateur distingué, mais pauvre manœuvyrier: de son côté, Pocock fit passer en conseil de guerre trois de ses capitaines qui n'avaient pas obéi à ses signaux. Les Anglais accusèrent une perte de 118 hommes, tués et blessés ; l'escadre francaise, dont les ponts ei les batteries étaient encombrés de soldats, eut #04 hommes atteints. Les vaisseaux le Zodiague, 1e Bien-Aimé et le Moras furent les plus éprouvés. Vers Le soir, les Français qui, après Le com-

(4) D'Aché. Rapport sur la campagne. Port-Louis, 30 octobre 1758. Archives de la Guerre, vol, 3541.

Clowe:. Royal Navy, vol. II. Cambridge. War in Zndia. Londres, 1761.

bat, avaient été ralliés par les bâtiments envoyés à Pondichéry, allèrent mouiller à Lampravy, tandis que l’adversaire gagna Sadras dans le nord. Pendant la nuit qui suivit l'engagement, le Bien- Aimé qui avait beaucoup d'avaries, se mit à la côte et fut perdu; on put en retirer l'équipage et les canons. Le 7 mai, d’Aché était en ade de Pondiché, ; et commencait le débarquement des troupes.

Avant de parler des opérations de terre, il importe de jeter un coup d'æil sur la position des deux compagnies rivales, qui depuis un quart de siècle se disputaient la domination de la grande péninsule. La trêve du 31 décembre 175%, signée par les deux commissaires, Godeheu, successeur de Dupleix, et Saunders, n'avait pas été de longue durée; les hostilités avaient repris au printemps de 1757. Les Anglais, qui venaient de s'emparer de Calcutta, attaquèrent le poste français de Chandernagore et le forcèrent à capituler le 23 mars. Ce succès fut confirmé par la victoire décisive de Clive à Plassey qui assura la suprématie britannique dans tout le Bengale. Sur la côte de Coromandel, il n'y avait eu que des affaires insignifiantes; dans le sud, Auteuil, qui commandait à Sherisgham, près de Trichinopoli, avait évacué ce poste et était rentré à Pondichéry. En plus de la capitale, les Francais étaient maitres de Karikal et de Masulipatam, que Bussy avait enlevé aux Anglais le 2% juin 1757. Les principaux postes de la compagnie britannique étaient Madras, Gondelour, avec le fort adjoint de Saint-David, à peu de distance au sud de Pondichéry. En dehors de ces villes et des territoires qui en dépendaient, les sociétés rivales ne possédaient que quelques factoreries dans l’intérieur ou au bord de la mer. Dins la grande province du Decan, grâce au prestige de BR 1ssy, l'influence française était prépondérante au moins pour le moment. D'ailleurs rien de plus difficile à déméler que ce tissu d’intrigues où nous

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