‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 202 sur 303 · LALLY DÉBARQUE A PONDICHÉRY · texte numérisé non relu

LALLY DÉBARQUE A PONDICHÉRY

voyons les princes mahométans, les aventuriers mahrattes et les partisans patans s'associer tantôt à l'une, tantôt à l'autre compagnie, au gré des événements et de leur intérèêt immédiat. À la date de la mise à terre du corps expéditionnaire, les forces anglaises sur la côte ne dépassaient guère 1.800 réguliers européens et un nombre considérable, mais variable, de cipayes où d’auxiliaires plus ou moins disciplinés.

Lally avait débarqué à Pondichéry le jour même du combat naval; il fut recu avec les honneurs dus à sa haute situation. Le salut tiré à cette occasion fut signalé par un accident singulier; les artilleurs des batteries du front de mer avaient oublié dans l'âme de leurs pièces des boulets qui vinrent frapper le vaisseau le Comte de Provence, à bord duquel était le général. Sans s'arrêter à ce fâcheux présage, Lally dès le lendemain partit pour le camp devant Gondelour, où il avait été précédé par une avantgarde sous les crdres du brigadier d'Estaing. Le siège rapidement mené aboutit, le # mai, à la capitulation de la wnison anglaise. Cette opération n'avait été que le prélude d’une entreprise contre le fort Saint-David, « l'établissement européen le plus important de la côte ». Un premier combat heureux rendit les Français maitres des ouvrages extérieurs, dent ils chassèrent le défenseur avec une perte de « 150 blanes ou noirs, 2 officiers anglais et 80 cipayes prisonniers. » Le jour suivant, on ouvrit les tranchées et on se mit à bombarder le fort; le 26 mai (1), «six pièces tirant à ricochet sur le revers de l'attaque secondèrent les mortiers. Leur feu intermittent dépendait de l'arrivée des munitions. Trois batteries, dont une de 8 pièces de canon et deux de #, commencèrent enfin le # à détruire constamment les défenses de la place. Elles

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(1) Journal des opérations depuis le 26 janvier jusqu'au 4 août 1758. Indes orientales. Archives de la Guerre, vol. 3541, GUERRE DE SEPT ANS. — T. ill. 25

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tirèrent avant d'être achevées ; 12 de ces pièces battaient en brèche la face gauche du bastion de la mer; quatre diminuaient le feu de l'ouvrage à corne. On apprit le mème jour que l’escadre anglaise, après avoir réparé une partie de ses pertes à trois lieues de Madras, remontait vers Pondichéry. La nôtre y était embossée : cette position, la plus sûre et la plus humble que puisse prendre une flotte qui n'a point été battue, avait été décidée par un conseil de marine. Le grand nombre des malades en était “ause ». Lally courut à Pondichéry et usa de son autorité pour contraindre d'Aché à regagner le large moyennant un renfort de #00 soldats et la distribution de quelques roupies aux matelots. « L'argent donné, les convalescents oublièrent qu'ils l'étaient : ils se crurent guéris; le Zodiaque fut armé de ples de 700 hommes et la flotte mit à la voile le surlendemain. Les batteries du siège faisaient effet; celle des mortiers avait été rapprochée de la place; le feu avait pris dans le fort à un dépôt considérable de poudre et de bombes. Le premier chemin couvert était abandonné, nos travaux avancaient; M. Winch, gouverneur pacifique, et M. Polier, commandant des troupes, se trouvèrent suffisamment pris et demandèrent (le 2 juin) à capituler. Trop magnifiques dans leur début, et prodigues de leur poudre, il ne leur en restait plus que 20.000 quartauts; cette quantité aurait à peine suffi à la consommation de deux jours. Deux capitaines des vaisseaux du roi d'Angleterre et tous les Anglais ont été faits prisonniers de guerre. » La garnison fut échangée contre #00 Français détenus depuis longtemps à Trichinopoli, qui vinrent combler les vides des bataillons de Lally.

Au cours des opérations, les troupes avaient été très éprouvées par la température et la mauvaise qualité des vivres; «des vents brûlants et périodiques enlevaient un sable pulvérisé par l'extrême chaleur; ils détruisaient pendant le jour l'ouvrage de la nuit et comblaient la

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