‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 207 sur 303 · DEPART DE L'ESCADRE DE D'ACHÉ POUR L'ILE DE FRANCE · texte numérisé non relu

DEPART DE L'ESCADRE DE D'ACHÉ POUR L'ILE DE FRANCE

liante à la vérité pour moi, les rassure contre l'immense pouvoir et le crédit énorme que s'attribuait le ccminissaire du Roy, commandant aux Indes. » Décidément, Lally ne faisait rien pour vivre en bonne intelligence avec ses collègues ou gagner leur confiance, C'est avec raison qu'un officier du corps expéditionnaire disait de lui (1) : « Notre général est plein d'activité, mais jusqu'à présent il ne s'est pas assez attaché à gagner les cœurs. »

L'accord entre le gouverneur et le commissaire du Roi à propos de la rétention de l'escadre, ne s'étendit pas aux opérations militaires, Grâce à une négociation habile on avait pris possession d'Arcot; Soupire, pendant l'absence de l'armée, avait enlevé quelques postes. Lally voulait pousser ces avantages et tenter le siège de Madras, tandis que Leyrit était partisan d'une eipédition contre Frichinopoli, dans le Sud, Le conseil se prononça pour l'entreprise de Madras: il y fut déterminé par l'exposé des embarras financiers où se trouvait la colonie, hors d'état de payer la solde des troupes et même de les faire subsister, «IE valait mieux, s'était écrié (2) le commissaire du Roi, périr en détruisant l'ennemi qu'expirer de besoin, »

Peu de temps après cette décision, l’armée destinée à agir contre Madras fut concentrée à Conjeveram; elle se composait de 3.266 Européens, environ #.000 indigènes et d'un pare de 20 canons de siège et 10 mortiers: elle se ait en marche le 29 novembre. Dès le début de la campagne, on fit la faute de ne pas s'assurer de la ville de Chingelput ; Lally, à la suite d'une visite des lieux, renonca à une attaque qui eût nécessité l'ouverture de tranchées et, partant, une perte de temps. Il laissa ainsi aux Anglais

(1) Lettre d’un oflicier, 2 septembre 1758. Archives de la Guerre. Indes Orientales, vol. 3541.

(2) Mémoire sur le choix d'un commandant. Archives de la Gucrre. Indes Orientales, vol. 3541.

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la facuité de renforcer ce poste et de s'en servir pour herceler ses troupes pendant le siège et gêner leur ravitaillement, Le 12 décembre, les chefs français purent reconnaitre la place de Madras. Landivisiau (1), qui commandait la brigade des troupes des Indes, en fait la description suivante : «Madras estecomposée de deux villes le fort Saint-Georges, autrement dit la ville blanche, n’est habitée que par des Européens; c’est celle-là qui est fortiliée. L'autre, nommée la ville noire, est d'une étendue immense, habitée par plus de 50,000 Indiens, sans fortification et séparée de la ville blanche par un espace d'environ 300 à #00 foises autour de laquelle elle forme un demicercle dont les deux extrémités touchent à la mer. »

Le colonel Laurence était eantonné avec le gros des forces anglaises à San-Tomé (Saint-Thomas Mount), où étiuent situés le palais du gouverneur et les villas des fonctionaaires et employés; à l'approche des têtes de colonnes de Lally , il se retira dans le fort Saint-Georges. Deux jours après, le 1% décembre, les Francais entrèrent sans coup férie dans la ville noire et pénétrèrent presque sans résistance jusqu'à faible distance de l'enceinte. Malheureusement, les soldats se livrèrent au pillage et donnèrent le temps aux Anglais de se ressaisir; une sortie de la garnison fut d'abord victorieuse, et bien que définitivement repoussée avee une perte de 300 honimes hors de combat, coûta presque autant aux assiégeants; plusieurs officiers de Lorraine furent tués où blessés, et parmi eux Soubinet, un des meilleurs serviteurs de la Compagnie, blessé mortellement, et le colonel du régiment, d'Estaing, le futur amiral des guerres de Louis XVE qui fut blessé et fait prisonnier.

Malgré les premiers succès, la tâche à laquelle Lally

(1) Landivisiau au Ministre, Pondichéry, 24 avril 1759. Archives de la suerre, Indes Orientales,

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