‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 208 sur 303 · SIÈGE DE MADRAS · texte numérisé non relu

SIÈGE DE MADRAS

s'était attelé était fort épineuse. Depuis la prise de la vilie par La Bourdonnais pendant la guerre de Succession, les fortifications de Madras avaient été augmentées. Le fort Saint-Georges, presque ouvert vers la mer sur laquelle il s'appuyait, était protégé du côté de la terre par une série de bastions avec ravelins, fossés, contrescarpes, chemins ecuverts et glacis; sur le front le plus rapproché de la ville noire où le fossé était à sec, les bastions ext#rieurs étaient doublés d'un mur intérieur qui permettait de prolonger la défense. La garnison, renforcée depuis le inois de septembre de la moitié du régiment de Draper, comptait, avant la sortie de 1% décembre, 1.800 blancs et 2.000 où 3.000 cipayes; les soldats, stimulés par la promesse d'une gratification de 50.000 roupies en cas d'échec des Français, étaient prêts à faire leur devoir; à leur tête étaient des officiers énergiques, Laurence, Draper, l'ingénieur Call, admirablement secondés par le gouverneur civil Pigott. De Chingelput, où ils s'étaient établis en force, les Auglais inquiétaient les communications, coupaient Les vivres aux assiégeants et interceptaient parfois les convois; des expéditions faites en vue de les débusquer ne furent pas poussées à fond et ils conservèrent leur poste jusqu'à la levée du siège. Le ravitaillement en poudre et en munitions et l'évacuation des blessés et des malades furent assurés, très irrégulièrement il est vrai, var Ja voie de mer. En effet, Pocock, dont les vaisseaux avaient bezucoup souffert dans les combats de Gondelour et de Porto- Novo et n'auraient pu rester sur la côte sans danger pendant la mauvaise saison, était allé se réparer à Bombay: la mer était donc libre où plutôt, par suite de la présence «ce deux petites frégates, au pouvoir des Francais. Tout alla bien d’abord; on choisit pour point d'attaque le demi-bastion qui termine le front de terre du côté de la mer, et on travailla vigoureusement aux approches. Grâce au dévouement du corps royal (d'artillerie), on put,

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le 6 janvier 1759, ouvrir le feu; ie 11 de ce inois, les batteries armées de 32 pièces tiraient sur l'enceinte pendant que les mortiers écrasaient la ville de leurs bombes; enfin le 25, on effectua un « logement de 20 toises qui acheva d’embrasser l'angle saillant et qui le couronna. » Le progrès était satisfaisant, mais le feu de l’assiégé était encore soutenu; « les défenseurs (1), uniquement cecupés du côté de la véritable attaque, rétablissoient les embrasures et remplacoient les canons démontés avec une promptitude incroyable. Le repos funeste dans lequel les nôtres passoient toutes les nuits, leur rendoit ces opérations faciles; dix ou douze heures d'obseuvité sembloient trop courtes pour réparer nos propres dommages, et F'on avoit souvent pendant le jour plus de temps qu'il n'en falloit pour consommer nos munitions. Nos soldats, accablés de service, travailloient avec répugnance; l'ivresse conduisoit à l'indiscipline; le pillage qu'ils avoient fait ou vu faire rendoit méprisable l'argent qu'on leur offroit pour les animer. Plusieurs mois de solde étoient dus; ce prétexte leur paroissoit suffisant pour se plaindre et pour déserter: cent cinquante ou deux cents déserteurs, refusant l’amnistie qu'on leur prodiguoit, étaient les plus zélés défenseurs de Madras. »

Malgré tout, on pouvait espérer un heureux dénouement, quand le 30 janvier, on vit au large un navire de la compagnie anglaise. Il réussit à forcer le blocus, à dé-

barquer de l'argent, quelques soldats et des munitions; il apportait surtout la nouvelle de la venue prochaine d'une escadre anglaise avec des troupes le la métropole. En dépit de cet incident qui servit à relever le moral de la garnison, le siège se poursuivait avec vigueur : « Une partie de la contrescarpe (2) avoit sauté, le bastion d'attaque étoit détruit et la brèche ouverte; les

(1) Journal des opérations déjà cité. | (2) Mémoire sur le choix d'un commandant, déjà cité.

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