DÉFAITE DE CONFLANS
le gouverneur Clive répondit en envoyant de Caleutta par la voie de mer le colonel Forde avec 500 Européens, quelques artilleurs, 1.600 cipayes organisés et un parc de siège. Fordé débarqua le 20 octobre 1758 à Visagapatam, se renforça du contingent indigène du rajah et marcha à la rencontre de Conflans dont le camp était situé près de la rivière de Rajamundry (1). Les forces de ce dernier étaient à peu près égales en Européens, mais supérieures en artillerie et en auxiliaires indiens. L'action, livrée à Talapole le 3 décembre, débuta par une canonnade qui jeta en désordre les troupes du rajah; les Anglais accoururent à leur aide; Conflans lança ses blancs contre les cipayes de Forde, qu'il prit pour des Anglais à cause de leurs uniformes rouges; mais pendant cette charge, d'abord couronnée de succès, les Français furent assaillis à leur tour par les soldats européens de l'adversaire et mis en déroute. Dans cette affaire, Conflans perdit environ 150 de ses hommes, son bagage et toute sa grosse artillerie qui, très mal attelée, n’était pas arrivée à temps pour prendre part au combat; il se réfugia à Masulipatam avec les débris de sa petite armée, Le 6 mars 1759, commença le siège de cette ville; après un mois passé sans résultat en travaux d’approche et en bombardement, Forde, qui avait épuisé ses munitions et dont les communications étaient interceptées par un détachement français posté sur le Rajamundry, fut informé des préparatifs pour secourir la place, et se décida en conséquence à tenter contre elle une surprise de nuit. A cet effet, il distribua son monde en plusieurs fractions; pendant que les auxiliaires attiraient l'attention des assiégés par de fausses attaques, deux colonnes composées de réguliers anglais et de cipayes s'emparèrent à l'escalade de deux bastions et pénétrèrent dans l'enceinte. Après une mêlée qui dura une partie de la nuit, Conflans
(1) Godaveri des cartes modernes.
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demanda à capituler et mit bas les armes avec sa troupe, qui était encore forte de 409 hommes sans compter les indigènes. La prise de Masulipatam ne fut à l'éloge, ni du commandant français ni de ses soldats, qui se laissèrent surprendre et enlever par un ennemi à peine supérieur (1) en nombre. Elle eut des suites désastreuses : Le vice-roi du. Decan, Salabet Sing, qui s'était avancé avec une armée à l’aide de Conflans et qui, déjà ébranlé par l'échec de Lally devant Madras, attendait, en véritable Oriental, les événements avant d'agir, s'inelina devant le succès des Anglais et signa avec eu le 1% mai, un traité par lequel il s'engageait à chasser les Français de ses états, à leur retirer les territoires de Visagapatam et de Masuli-
patam, qui leur avaient été attribués, et à en transférer la propriété à la compagnie rivale. Un peu plus d'énergie de la part de Conflans eût évité ce malheur; le 15 avril, sept jours après la reddition de Masulipatam, arrivèrent sur la rade deux navires de Pondichéry avec #00 hommes, sous les ordres de Morancin, destinés à renforcer la garnison. Mis au courant de la situation, les Français, qui ne pouvaient rentrer à Pondichéry à cause de la mousson, allèrent débarquer à Goujam où ils restérent jusqu'à la fin de l'année.
Pendant que ces événements se passaient dans le nord, Bussy, dont l'influence eût été si utile auprès de Salabet Sing et dont la présence eût sans doute suffi pour arrèter les progrès des Anglais, avait rejoint Lal!y à Arcot. D'abord bien accueilli, puis écarté des conseils du commissaire général, il avait servi au siège de Madras, en premier lieu comme volontaire, ensuite comme remplacant d'Estaing à la tête du régiment de Lorraine; tombé
(1) Cambridge, p. 212, donne à Forde, la nuit de l'assaut, un effectif de
372 Anglais ou blancs et de 700 Cipayes. Conflans, en plus de ses Européens, aurait eu 2.039 indigènes. Les Indiens des rajahs qui accompagnaient Forde n’entrèrent pas dans la ville.
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nord, alabet arrê- Arcot.
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ffectif de ropéens, nt Forde