‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 213 sur 303 · BROUILLE ENTRE BUSSY ET LALLY · texte numérisé non relu

BROUILLE ENTRE BUSSY ET LALLY

recevoir... en me réduisant à l'état de bourgeois (1) de Pondichéry me met au large pour insister sur mon départ pour l'Europe. » La querelle entre deux hommes dont l'union eût été indispensable pour le salut de la colonie s'envenime de jour en jour. Dans sa correspondance oflicielle (2), Lally ne garde aucune mesure : « L'on a été bien la dupe en Europe de tous ces hauts faits et gestes de M. de Bussy; quand vous l'aurez vu et entendu, vous le jugerez; car il ne peut être plus utile à la Compagnie à Paris qu’il ne lui a été dans le Decan; il a dévalisé Le pauvre Salabet Sing; il a coûté quatre millions à la Compagnie depuis cinq ans; voilà tout ce que j'ai pu recueillir depuis que je suis dans le pays. » Dans une autre dépêche (3) Lallv n'hésite pas à rendre son subordonné responsable de tous les revers dans les provinces du Nord : « Quant aux noirceurs et abominations que j'ai éprouvées de la part du sieur de Bussy, depuis que je Pai rappelé du Decan et qu'il a refusé de m'obéir en se portant à Masulipatam, C'est un procès criminel dans les règles que je soumettrai au Ministre et auquel vous me permettrez de vous référer, Si je vous avois envoyé, il v a huit mois, M. de Bussy, pieds et poings liés à Paris, cette colonie seroit aujourd'hui en état de défense... Quant à M. de Bussy qui savoit que M. de Conflans devoit livrer bataille, quoique je lui eusse défendu, et qui savoit que Masulipatam seroit pris, puisqu'il avoit pris la précaution de se munir d’un passe-port de M. Pigott (4), pour en faire sortir tous ses effets et les faire conduire à Tranquebar, j'ai pris le parti de le laisser là. Tous ces faits s'éclaireiront avec le tems. Au reste, je ne peux savoir exactement ce

(1) Allusion à un passage d'une lettre de Lally.

(2) Lally à Belleisle, 1°" août 1759. Archives de la Guerre. Indes Orientales.

(3) Lally à la Compagnie des Indes, 1 août 1759. Archives de la Guerre. Indes Orientales.

(4) Gouverneur de Madras.

RAT do

qui s'est passé dans le Nord, vu que M. de Bussy avoit défendu à M. de Conflans de m'en rendre compte, »

Un ordre de la métropole, apporté par la frégate la (Gilorieuse, obligea Lally à modifier son attitude à l'égard de son lieutenant, Sur les représentations du contrôleur Silhouette, qui se plaignait des dépenses exagérées de l'Inde, la cour de Versailles avait décidé le rappel de la plus grande partie du brillant mais coûteux état-major que Lally avait emmené avec lui et la réduction des cadres des régiments employés aux Indes. Bussy, au conlraire, était nommé commandant en second et désigné par conséquent pour remplacer, le cas échéant, le comimissaire général.

Enfin, le 15 août, l'escadre francaise, dont le retour étaitattendu avectant d'impatience, mouilla devant Pondichéry. Nous avons reconduit d’Aché à l'Ile de France où il était arrivé Le 3 octobre 1758, et où il avait trouvé 3 vaisseaux du Roi, qui, après une longue traversée et une relâche à Rio-de-Janeiro, pour cause de maladies, étaient parveuus à destination sous les ordres de Frogier de l'Eguille. A cette époque, l'Ile de France, qui dépendait de la Compagnie des Indes, offrait peu de ressources, aussi fallut-il se préoccuper des moyens de nourrir, en plus de la garnison et de la population civile, soit 9.946 bouches, les équipages des vaisseaux de d’Aché, assi bien que ceux qui venaient de France. À la suite di recensement des vivres en magasin (1), ilfut résolu d'envoyer une fraction de la flotte hiverner à la colonie hollandaise du cap de Bonne- Espérance, et s'y procurer des approvisionnements pour la campagne prochaine. Ce voyage s'accomplit heureusement, mais il entraîna des retards et ce ne fut que le 17 juillet 1759 que l’escadre reconstituée put appareiller de Port-Louis. Elle se composait de # vaisseaux de la marine

(1) Mémoire pour le comte d'Aché. Paris, 1766.

avoit )

le la gard ‘leur s de le la najor s Cüconsigné

com-

etour ondioù il Vaisle r'eitpar- ‘uille.

Com- Hut-il "avniéquix qui +s vion de onne-

pour reuseque le ‘eiller iarine

Page 1