‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 214 sur 303 · RETOUR AUX INDES DE L'ESCADRE DE D'ACHE · texte numérisé non relu

RETOUR AUX INDES DE L'ESCADRE DE D'ACHE

royale de 7# et 6% canons, de 7 vaisseaux et de 2 frégates oppartenant à la Compagnie, L'armement de ces derniers avait été augmenté de quelques pièces; le Comte de Provence, qui antérieurement ne portait que 58 canons, en avait monté 74; le Vengeur, autrefois de 54, en avait 64 en batterie, Sur la côte de Coromandel, d'Aché retrouva l'escadre de l'amiral Pocock, son adversaire de l'année précédente, Le 10 septembre, au large de Tranquebar, eut lieu une bataille sanglante qui ne fut que la reproduction des rencontres de 1758. L'avantage était du côté d'Aché, qui avait 11 vaisseaux à opposer aux 9 de Pocock. H n'en sut pas tirer parti.

L'avant-garde française de 5 vaisseaux n'eut à lutter que contre 3 vaisseaux ennemis, tandis que l’arrièregarde, commandée par M. de Ruis, sur lustre, de la marine royale, fut engagée avec le reste de la flotte anglaise. « À 2 heures, écrit d'Aché (1), je fis le signal de commencer le combat: au même instant, l'affaire devint générale, et ce ne fut plus de part et d'autre qu'un feu très vif et très animé. Les premiers coups ne furent pas à l'avantage des ennemis, surtout à la tête de la ligne où il étoit évident qu'ils alloient être écrasés, mais il n'en fut pas de même de l’arrière-garde, quelque supériorité que nos Vaisseaux y eussent sur ceux des Anglois, quelque peu maltraités qu'ils pussent être; le Fortuné (de 6%), qui en faisait en partie la plus grande force, arriva honteusement une demi-heure après, sans avoir recu le moindre dommage ; il n’est sortes de moyens que M. de Monteil, commandant la frégate, n'employat pour ramener M. de Beaulieu ; ni paroles, ni menaces, pas même les coups de canon, rien ne put l’arracher au déshonneur et à une fuite criminelle, puisqu'elle fut la source des plus grands malheurs. Cependant, nous avions décidément le dessus à

(1) D'Aché. Rapport au Ministre. Port-Louis, 15 décembre 1759. Archives de la Marine. 8. 4, 92.

l'avant-garde; après une heure de combat, le troisième vaisseau de la ligne ennemie fut démâté de son mât d’artimon, et presque aussitôt, son grand mât fut coupé audessus de la hune ; celui qui le précédoit étoit aussi absolument hors de combat, et, enfin, quoique nous eussions un vaisseau de moins, tout nous promettoit un avantage considérable ; mais la contagion avoit gagné les vaisseaux de la queue : le Centaure, sans êtie beaucoup plus maltraité que le Fortuné, ne tarda pas à arriver; le Duc de Bourgogne eu fit autant, et, en un moment, toute l'arrièregarde s'éclipsa. Ce fut alors que j'admirai plus que jamais la bravoure et à fermeté du chevalier de Ruis qui la commandoit; se voyant en prove à l'ennemi par la làcheté ou la mauvaise manœuvre de ceux qui l'environnoient, il s'avanca seul sous le feu de Ja moitié de la ligne anglaise, et serra sur moy. Mais malheureusement il était bien tard; la défection de presque toute l’arrière-garde et äerniérement du Comte de Provence avoit donné beau jeu à l'ennemy. Le Graweton (Grafton) alors étant venu se mettre par mon travers, l'amiral qui le suivoit prit sa place et le Tigre qui s'étoit laissé euler sur moi, me tirait de l'avant, de facon qu'en fort peu de tems, je fus dégrayé au point de ne pouvoir orienter aucune voile et mon vaisseau ne gouvernant plus, je dépassai malgré moi le Vengeur. Pendant ce tems, je me hâtois de remplacer quelques manœuvres; je tentai par différents signaux de ramener au combat ceux qui nous avoient abandonnés, mais inutilement... I étoit alors environ 5 heures du soir : les Anglais. qui, dans le fond, étoient plus maltraités que nous, tenoient le vent autant que leur état le ieur permettoit. Pour nous, en attendant que la nuit vint cacher nos malheurs, nous mimes en panne. et travaillâmes à nous reccommoder; un orage qui survint à six heures du soir nous

fit perdre de vue les ennemis, et nous pe les revimes que

le lendemain courant un bord opposé au nôtre. Je me fis

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