L'ANGLETERRE SE DÉROBE A LA MÉDIATION ESPAGNOLE
tagne et la Frauce, que d’ailleurs il n'a tenu qu'à la France que les droits respectifs des deux nations, dans cette partie du monde, ne fussent constamment demeurés sans atteinte, sur Le pied dudit traité, qui les avait si clairement énoncés et dont les infractions perpétuelles et si criantes pendant une longue suite d'anrées ont été l'unique cause de la guerre présente entre les deux couronnes. » En envoyant à Bristol copie de la note d’Abreu et de sa réponse, Pitt demande (1) des explications sur la contradiction entre le langage de Wall et le ton de la dépêche de Saragosse. Pourquoi était-elle signée de Squillacei et pour quel motif avait-elle été expédiée avant que le roi Charles eût pris contact avec son ministre des affaires étrangères? Il invite Bristol à faire la lumière e& à surveiller le nouvel ambassadeur français, dont il soupconne l'ingérence. Interrogé sur ce point délicat (2), Wall ne put dissimuler son embarras et laissa entendre qu'il dégageait sa responsabilité de l'incident.
Entre temps, des relations en apparence amicales s'étaient nouées entre le ministre espagnol et le représentant de Louis XV, Aussitôt arrivé à Madrid, Ossun tint sa première conversation avec Wall (3). Comme il fallait s'y attendre, celui-ci ne se déclara pas partisan de l'intervention ; il estimait que l'Angleterre ne traiterait pas une paix distincte avec la France, mais insisterait pour faire participer aux négociations le roi de Prusse: il se montrait indifférent à la question du Canada, dont la conquête par les Anglais n'affecterait que peu « la sûreté des possessions de l'Espagne »; au surplus, cette puissance n'avait pas un intérèt suffisant en jeu pour chercher à imposer à l'Ar. leterre une médiation qui sûrement ne serait pas acceptée. Peu de temps après cet échange de vues, Wall eut
(1) Pitt à Bristol, 14 décembre 1759. Record Office. Spain.
(2) Bristol à Pitt. 7 janvier 1760, Record Office. (3) Ossun à Choiseul, 15 décembre 1759. Affaires Eirangères. Espagne.
de son nouveau souverain une audience qui parait avoir modifié ses idées : S. M. Catholique avait déclaré, dit-il à Ossun, vouloir persister « dans le dessein de presser le roi d'Angleterre d'accepter ses bons offices », mais il eut soin d'ajouter que, d'après son propre sentiment, « on ne pourvait pas employer, de la part de l'Espagne, des expressions trop modérées et que les menaces pourraient produire un fort mauvais effet; qu'il était toujours persuadé que l'Angleterre ne consentirait jamais à séparer les intérèts du roi de Prusse des siens. » L'année 1759 finit par une entrevue entre Wall et Bristol (1), où l'Anglais aurait reconnu que les échecs essuyés par Frédéric étaient un sérieux obstacle à la conclusion de la paix: peut-être mettrait-on les parties d'accord en indemnisant l'Impératrice de la perte de la Silésie par l'acquisition de l'évêché de Salzbourg. À l'entendre, Wall aurait plaidé avec l'ardeur d’un néophyte la thèse de la pacification maritime et coloniale.
Sur les avantage: de la médiation espagnole (2), Choiseul rédigea à cette époque un véritable cours de politique contemporaine à l’usage de la diplomatie francaise, Nous y relevons, exposés tout au long, les inconvénients de l'alliance autrichienne, le danger pour l'équilibre européen de l'écrasement de la Prusse, une plaidoirie pour la paix séparée avec l'Angleterre comme seul moyen d'arriver à une entente générale et équitable, enfin la nécessité, pour atteindre ces résultats, d'une union intime avec l'Espagne. « Il est certain que nous ne voulons pas manquer à l'alliance de Vienne pendant le cours de cette guerre ; nous sommes persuadés de la sûreté des sentiments de l'Impératrice, mais nous connaissons que notre alliance avec la cour de Vienne ne peut pas ètre regardée comme une alliance de famille, qui doit être sans nulle variation
(1) Ossun à Choiseul, 31 décembre 1759. Affaires Étrangères. Espaane. (2) Choiseul à Ossun, 24 décembre 1759. Affaires Etrangères. Espayne.
it avoir dit-il à 1 le roi ‘ut soin e pourexpresnt pro- 2rsuadé es intéar une rait reun sé- *e met- ‘ratrice ‘ché de ‘ardeur » et co-
hoiseul ue con- Sy re- Iliance de l'é- AIX Sérà une our atpagne.
à l’alh: nous ’Impéavec 1e une riation aline.
iune,