‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 244 sur 303 · CHOISEUL SONGE A LA RUSSIE COMME MEDIATRICE · texte numérisé non relu

CHOISEUL SONGE A LA RUSSIE COMME MEDIATRICE

dont, en leur qualité de bons Anglais, ils étaient les adversaires résolus.

Au cours de l'été, Choiseul avait songé aussi à faire de la Russie le promoteur de la paix générale, car il s'agissait cette fois non plus du conilit particulier avec l'Angleterre, mais de tout le continent. Dans une dépèche confidentielle (1) à Lhôpital, nous trouvons tracé de main de maitre l'exposé des embarras de la cour de Versailles et l'indication de la porte de sortie qu'il entrevoit : « Je crois qu'il serait possible de terminer honorablement et promptement cette guerre, si nous n'étions engagés, l'Angleterre et nous, dans la querelle de nos alliés; mais nos engagements sont différents de ceux des Anglais, en ce que les alliés de l'Angleterre seraient satisfaits si l’on voulait les laisser tels qu'ils étaient avant la guerre, au lieu que nous, nous sommes engagés avec les nôtres de leur procurer des dédommagements et des conquêtes. Voilà la vraie difficulté qui retarde la paix. » Choiseul rappelle les tentatives faites sous le ministère Bernis pour amener la cour de Vienne à des vues conciliatrices. Elles ne pouvaient aboutir, parce que l'alliance autrichienne était trop récente et le souvenir des anciennes relations de la France et de la Prusse encore trop vivace pour permettre à la cour de Ver-sailles d'assumer l'office de médiateur. Le dernier traité signé devient « la loi de notre conduite; aussi nous sommes hors de mesure pour faire aucune insinuation de paix à l'Impératrice-Reine, à moins qu'elle ne soit en possession tranquille de la Silésie, et comme il est fort à présumer que ce cas n’arrivera pas, nous sommes dans la nécessité de continuer la guerre de terre, comme nos traités l'exigent, aus», longtemps que la cour de Vienne voudra mesurer ses forces contre celles du Roi de Prusse, » Le ministre croit néanmoins aux bénéfices ultérieurs de l'accord

(1) Choiseul à Lhôpital, 8 juillet 1759. Affaires Etrangercs, Russie.

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