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LA RUSSIE REVENDIQUE LA PRUSSE ROYALE

sez je vous parle en ami, je vous dévoile notre système. » les Choiseul prévoit l'hypothèse d’après laquelle cette ligne n à de conduite serait incompatible avec les opinions personous nelles de son correspondant et ajoute : « Il vaudrait mieux s le que, sous prétexte de maladie, vous quittassiez l'ambasne, sade que d'y être employé à une besogne de la bonté de )m- laquelle vous ne seriez pas persuadé. » al- Le motif des avances que Lhôpital, au gré de son chef, ine se montrait trop pressé d'accueillir fut bientôt apparent. r de Les gouvernements de Vienne et de Versailles avaient ble communiqué à la Tzarine leur dernier traité, ratifié en nps mai 1759 quoiqu'il portât la date du 30 décembre 1758, de et demandé l’adñésion de la Russie à cet instrument diplode matique. Ce qui, pour les deux puissances contractantes, est n'était qu'une formalité, devint pour la Russie une occaion sion de faire valoir ses droits à une indemnité territoriale. ap- Tout d'abord Woronzow avait parlé d'une rectification de la ter- frontière polonaise; plus tard, c'est Schuwalow qui met e la sur le tapis l'annexion de la Prusse royale; enfin, un mées à moire signé des deux ministres russes est remis aux repréojet sentants de l'Autriche et de la France. Dans cette pièce (1), aire la Tzarine se déclarait prête à accéder au traité du 30 déhe, cembre, mais sollicitait de ses alliés La promesse « de faire ous pendant la guerre tous leurs efforts et d'employer aux et conférences pour la paix tous les soins possibles pour que ous le royaume de Prusse, qui est déjà conquis par les armes dé- de S. M. Impériale et dont les habitants lui ont volontaipie, rement prêté serment de fidélité, soit cédé à S. M. » Une vous semblable requête était trop contraire à la politique traales ditionnelle de la France et aux principes récemment déveer à loppés au nom du Roi pour être bien reçue à Versailles. doit On se tira d'affaire (2) en se déchargeant sur la cour de elon | Sade (1) Mémoire de Woronzow et Schuwalow, 26 octobre 1759. Affaires Etrangères. Russie.

ent; (2) Choiseul à Lhôpital, 1% décembre 1759. Affaires Étrangères. Russie.

Vienne du soin de débattre une question qui la touchait de plus près, et en manifestant le désir de répondre aux avances de la Russie en négociant « un traité particulier auquel nous serons toujours disposés à travailler avec zèle et avec suite pour la gloire commune et l'avantage réciproque des deux monarchies. »

En résumé, vers la fin de 1759 et au moment des propositions anglo-prussiennes, malgré les dissentiments de leurs généraux, en dépit des récriminations échangées entre Pétersbourg et Vienne sur la conduite des opérations militaires, l'entente entre Les Impératrices était aussi vivace que jamais. Les deux souveraines, animées d’un acharnement égal contre le roi de Prusse, étaient résolues à coutinuer l’œuvre commencée et à ne se laisser détourner de ce qu’elles considéraient comme leur proie par aucune intervention étrangère. En cas de succès, l'accord persisterait-il jusqu’au partage des dépouilles du vaincu? Certains propos de Kaunitz au comte de Choiseul (1) indiquent bien les sentiments autrichiens : « Nous n'avons aucun intérèt et aucune envie de procurer une augmentation de puissance à la Russie dans le voisinage de l'Allemagne et de la Pologne, mais nous avons aussi besoin d’elle pour la guerre et la paix, aussi il faut tenter de la retenir au meilleur marché que nous pourrons. » Le chancelier n'admettait pas d'ailleurs que l'acquisition de la Prusse royale et celle de la Silésie fussent mises sur le mème pied : « Cela n'est pas juste ; il faut regarder la Silésie comme une espèce de préciput qui doit être prélevé avant tout et quine doit entrer en balance avec aucun autre dédommagement. » Le comte de Choiseul, en rapportant cette prétention, d'‘jouter non sans ironie : « Je n’ai eu garde de contester ce principe... je n’ignorais pas que la Silésie était

(1) Comte de Choiseul au Due, 25 et 28 décembre 1759. Affaires Étrangères. Autriche.

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