‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 254 sur 303 · FRÉDÉRIC PARTISAN DU CONGRÉS · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC PARTISAN DU CONGRÉS

fet d'élaborer un projet de ce genre, comme la chose la plus absurde qu'on puisse imaginer... Sa Majesté m'a dit : « 11 nous faut une autre campagne » et, voyant de l'hésitation de ma part, il ajouta : « car nous ne pouvons pas faire la paix. » A cela, je répliquai : Beaucoup de ceux avec qui j'ai causé estiment que la première question est plutôt : « Pouvons-nous continuer la guerre? »

Quelques jours après le conciliabule, Pitt semble (1) se prononcer en faveur des ouvertures pacifiques; « il parle de Louisbourg et la Guadeloupe comme les meilleurs plénipotentiaires que nous puissions avoir à un congrès; il cite le Sénégal et Gorée comme pouvant servir à la paix »; cependant, il obtient des ministres prussiens « de suspendre la négociation pendant quelque temps et de bien se garder d'en hâter la discussion. » Le jour même de cette conversation se livrait la bataille de Minden; l'avis de la victoire releva les prétentions du parti belliqueux : « Le Roi (2) et Pitt sont au comble de la bonne humeur; Pitt parle de terminer cette guerre avec honneur et gloire. Newcastle d'interrompre : « Mais en tout cas terminer. » A cela il répondit avec emphase. « Mais avant, il nous faudra encore une campagne. » La défaite de Kunersdorf fit remettre sur le tapis la notion du congrès. Dans une lettre du 1°’ septembre (3), Frédéric, encore sous le coup du désastre, fait à Knyphausen une peinture des plus sombres de sa situation et l'invite à reprendre les pourparlers : « Je mets toute ma confiance dans le sieur Pitt, et je me flatte que vu les grands avantages que les Anglais ont cette année, il pourra peut-être y avoir des propositions qui pourroni mener à la paix... Travaillez en bon citoyen pour voir s’il n'y aura pas moyen de lier quelque

(1) Newcastle à Stone, 1°" août 1759. Newcastle Papers, vol. 32893. (2) Newcastle à Devonshire, 19 août 1759. Newcastle Papers, vol. 32894, (3) Frédéric à Knyphausen. Waldow, 1°" septembre 1759. Correspondance politique, XVII, p. 511.

GUERRE DE SEPT ANS. — T. Il. 31

négociation entre les Anglais et les Francais. Comme je me flatte que les Anglais auront sous peu de bonnes nouvelles de l'Amérique, ce serait le moment favorable où les Anglais pourraient donner la loi. »

Ces instructions produisirent l'effet désiré : le 26 septembre, les envoyés prussiens eurent avec les ministres britanniques une seconde séance où l’on se mit d'accord sur le texte de ia déclaration à faire aux puissances belligérantes. On convint cependant de retarder la remise du document jusqu'à l'arrivée d’un courrier de Québec, sur la conquète duquel on croyait pouvoir compter. Frédéric se préoccupe aussitôt des conditions à obtenir (1) : pour l'Angleterre, le Canada et la Guadeloupe; pour lui, la basse Lusace ou la garantie de la Prusse polonaise après la mort du roi de Pologne. Eichel, moins ambitieux, se contenterait (2) du rétablissement du « statu quo » de l'année 1756.

En attendant les nouvelles d'Amérique, qui ne parvinrent à Londres que vers le milieu d'octobre, les tiraillements entre les membres du cabinet britannique reprirent de plus belle : Newcastle, tâtillon, petit esprit, intrigant, mais serviable, très apprécié du Roi, suppléant au talent par une grande expérience des hommes et des choses, jalousait le rôle prépondérant de son collègue Pitt, dont il supportait mal la morgue souvent brutale, tout en reconnaissant sa valeur et en avouant l'impossibilité de le remplacer. Il s'en fallut de peu qu’à propos d'une nomination dans l’ordre de la Jarretière le ministère ne se disloquât. Pitt sollicitait cette faveur, très cotée dans le monde aristocratique, pour son beau-frère, Lord Temple, qui remplissait les fonctions honorifiques de gardien du sceau

(1) Frédéric à Knyphausen. Sophienthal, 12 octobre 1759. Correspondance politique, XVHIE, p. 592.

(2) Eichel à Finckenstein, Torgau, 19 octobre 1759. Correspondance poli-

tique, p. 095. |

ime je >s nouoù les

6 sepnistres accord ; belliise du sur la Éric se pour lui, la

après UX, Se y) » de

arvinraillerirent igant, talent es, jalont il n rede le minadislononde , qui sceau

ndance

2e poli-

Page 1