‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 259 sur 303 · MÉMOIRE DE CHOISEUL SUR LE CONGRES · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE CHOISEUL SUR LE CONGRES

il est l’un et l'autre, mais je ne sais quel est le sentiment qui domine en lui. Je crois qu'il l'ignore lui-même. D'un côté, toute ouverture de paix le blesse, parce qu'il ne croit pas les affaires assez avancées pour parvenir à l'accomplissement entier de ses projets, et j'ai vu elairement dans ma conversation avec l'Impératrice que cette princesse est dans les mêmes principes, et quoiqu'elle ne m'ait parlé que de la campagne prochaine, il est évident qu'Elle et son ministre n’ont d'autre époque détermirée pour la paix que celle de l’abaissement du roi de Prusse. D'autre part, M. de Kaunitz regarde cette démarche des cours de Londres et de Berlin comme la preuve du mauvais état où sont les affaires du roi de Prusse, et l'effet de ses sollicitations auprès des Anglais qui n'ont pu lui refuser cet acte de complaisance. Sous ce point de vue, la déclaration le flatte et le touche par son endroit sensible, car on rapporte tout ici au roi de Prusse. Je pense qu'il ÿ a du vrai dans cette conjecture, mais je suis persuadé que i Angleterre à principalement eu en vue d’éluder la médiation de l'Espagne. Quoi qu'il en soit, M. le comte de Kaunitz pense, ainsi que vous, Monsieur, qu'on ne peut refuser une proposition aussi authentique que celle-ci, il me l’a dit dans le premier moment, avant d'avoir vu votre mémoire, en ajoutant : Après tout, un congrès n'est pas une paix, on à bien vu des congrès se rompre. »

Contrairement à ce qu'on aurait pa supposer d'après les circonstances de la France, soit dépit de voir contrecarrer son projet favori de l'intervention espagnole, soit calcul de l'effet que produirait son attitude sur la Cour de Vienne, soit désir d’arracher à ses alliés leur consentement à la paix séparte avec l'Angleterre en affectant l'indifférence à l'égard de Ia pacification générale, Choiseul fit à la déclaration anglo-prussienue un accueil en apparence plus froid, À peine l'invitation était-elle parvenue à Versailles ct avait-elle été soumise à Louis XV, que le ministre

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