‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 26 sur 303 · CONTADES SE DÉCIDE A LIVRER BATAILLE · texte numérisé non relu

CONTADES SE DÉCIDE A LIVRER BATAILLE

penses les plus urgentes et pour la réparation des troupes, que dans l'argent que nous pourrons avoir des pays ennemis d'où il faudra également lever des subsistances de toutes espèces, indépendamment de l'argent, c’est-àdire des foins, des pailles, des avoines pour l'hiver, du blé, des bestiaux, des chevaux et même des hommes pour recruter toutes nos troupes étrangères. La guerre ne doit pas être prolongée, et peut-être faudra-t-il, suivant les événements qui arriveront d'ici à la fin de septembre, faire un véritable désert en avant de la ligne des quartiers que l’on jugera à propos de tenir pendant l'hiver, afin que l'ennemi se trouve dans une impossibilité réelle d'en pouvoir approcher. » Avant d'appliquer une méthode dont la première partie tout au moins était empruntée aux procédés du roi de Prusse, il convenait d’imiter ce souverain en remportant des victoires et en se rendant maitre des contrées où on voulait toucher des contributions. C'est ainsi que, stimulé du dehors et du dedans, Contades se décida à modifier la sage tactique qu'il avait pratiquée jusqu'alors et à attaquer le prince Ferdinand; il annonca cette décision à Belleisle par un billet daté du 31 juillet.

En prenant cette initiative, il allait combler le vœu de son habile adversaire. « Notre situation ici est des plus intéressantes, écrivait (1) une semaine avant l’action Lord Sackville, le commandant du contingent anglais, le prince fait tout ce qu’il peut pour amener l'ennemi à une affaire décisive, mais le maréchal de Contades jusqu’à présent persiste à ne pas livrer bataille. Votre Grâce estimera, je crois, que la prudence du maréchal lui fait grand honneur, car en agissant ainsi, il sert les intérêts de son maitre et il conserve intacte son armée. Contades

(1) Sackville à Newcastle. Petershagen, 24 juillet 1759. Newcastle Papers, 32893.

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attend évidemment la chute de Munster avant de reprendie l'offensive. Il pourra alors rallier à lui le corps de troupes |cel5: d’Armentières), et il aura alors une grande supériorité en nombre. En ce moment, rien n’est plus à souhaiter qu'une bataille, mais je doute que tout le génie de notre général puisse trouver une occasion assez favorable pour justifier l’entreprise... Le prince a trop contre lui, et si quelque événement favorable ne permet pas au roi de Prusse de nous aider taut soit peu, je ne: vois pas comment cette campagne peut finir heureusement. »

Ferdinand, en effet, était très désireux de mettre fin aux progrès des Français qui lui :vaient fait perdre tout le territoire compris entre le Rhin et le Weser et qui menacaient de le refouler sur l’Elbe; il avait à cœur ds prendre sa revanche de la retraite continuelle qu'il s'était cru forcé de faire depuis la réouverture des hostilités. La position de Contades sous les murs de Minden était, il est vrai, inexpugnable, mais il espérait l’obliger à la quitter en agissant sur sa ligne de ravitaillement. « Si je réussis, écrit-i la veille de la bataille au roi de Prusse (1), à établir le corps du prince héréditaire à Kirchlinniger, près de Hervorden, je suis à dos de l’ennemi et sur la route de ses convois. Il me semble qu'alors. il ne lui reste d'autre parti à prendre que de nous eu déloger, et, s’il n’y réussit point, de repasser les montagnes ou de déboucher dans la plaine pour me combattre, où il sera pris par ma position actuelle en flanc au momert mème qu'il débouche. » Pour profiter de la faute dcat, en grand capitaine, il venait de prévoir l'éventualité, Ferdinand s'était porté à Hille avec le gros de son armée, laissant à Petershagen le général Wangenheim avec un corps de 10.000 hommes.

(1) Ferdinand à Frédéric. Hille, 31 juillet 1759. Westphalen, Ii, p. 442.

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