PROJET DE DÉCLARATION PROPOSE PAR LA RUSSIE
paix qu'à des conditions honorables, solides et avanta-
vo geuses et de concert avec ses fidèles alliés, et enfin de ne Leterre, jamais permettre que pour un prétendu ménagement du e puis- sang innocent pendant un court espace de temps, le repos raincue de l'Europe reste exposé ax dangers précédents ». Comme utte et le fait remarquer Keith (1) avec philosophie : « La réponse Au pis russe ne nous laisse aucune illusion sur les sentiments de un ac- leur cour, ni partant sur le concours que nous pourrons . privé en espérer. »
li com- Ure note remise le même jour (2) à Lhôpital était plus ble de détaillée et, si possible, plus explicite. On y relevait des che et p*epos tenus par l'ambassadeur britannique visant un out au rapprochement avec l'Angleterre et la Prusse, des allusions U aucune transparentes du général prussien Willich à l'occasion 4 de l'échange des prisonniers, puis en examinait la pièce iln'y officielle que Keith venait de présenter. Rejeter d'une ussi la façon absolue toute ouverture pacifique serait écarter Péters- « pour ainsi dire à janais » les offres des cours de Londres niquer et de Berlin, mème les plus équitables ct les plus acceptaqu'on bles, mais Sa Majesté Inpériale juge : « 1° que la célèbre . l'en- alliance des plus grandes Puissances de l'univers n'aura ent de pas l'effet désiré, et ne sera pas stable, si elles n'obtiennent uveler pas le but qu'elles se sont proposé, ct que, dans la pacifica- La ré- tion prochaine, leurs intérêts mutuels se seront pas égalehrases ment observés; 2° qu'on ne saurait parvenir à ceci, à moins ne, on que tous les alliés, et chacun à part, conviennent unaninée, si mement, coûte que coûte, de ne faire aucune paix qui ne 1es de soit honorable, solide et agréable à tous; 3° que, pour le Impé- moins, une telle paix ne peut s'en suivre bientôt, si les ement cours de Londres et de Berlin se flattent, quoiqu'en vain, lésées de pouvoir semer la méfiance entre les alliés, et persuader ucune quelqu'un d’entre eux à donner les mains à une paix sépa- (1) Kvith à Holdernesse, 4/15 décembre 1759, Newcastle Papers, 32900, ngères, (2) Note remise à Lhôpital, 1/12 décembre 1759, Affaires Etrangères,
Russie.
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rée. » Pour ces raisons, dans la réponse on devraitse borner à accepter la désignation d'un « lieu propre pour y traiter » et à promettre d'y envoyer des plénipotentiaires « aussitôt qu'on se sera expliqué plus clairement de quelle manière on entend obtenir une paix solide. »
Cette adhésion éventuelle au principe du congrès devrait être « indispensablement » suivie d’une « déclaration à part, tant à la Diète de l'Empire qu’au Danemark et à la Hollande, » du contenu suivant : « Que les Hauts Alliés ont appris avec beaucoup de déplaisir que leurs ennemis leur attribuent gratuitement, à chacun à part, des mouvements pour parvenir à une paix séparée; qu'au contraire les Hauts Alliés cherchent maintenant plus que jamais à rendre leur alliance indissoluble et inviolable, et qu'ayant été tous également forcés de prendre les armes pour se défendre eux et leurs alliés, et ayant jusqu'ici fait la guerre de concert, ils persisteront, à la future pacification avec une unanimité encore plus forte, à n’accepter aucune paix qui ne soit honorable, solide ct avantageuse, et à procurer à toutes les parties lésées une satisfaction juste et suffisante. » Pour instant, le parti qui s'impose, «c’est de se préparer avec vigueur et vivacité pour la campagne prochaine. » Dans la pensée du gouvernement moscovite, la fermeté de cette attitude provoquerait de nouvelles ouvertures des puissances ennemies ; il serait donc « très nécessaire... que les Hauts Alliés conviennent dès à présent et le plus tôt possible avec S. M. Impériale d'une façon définitive sur leurs avantages réciproques et sur toutes les conditions de la paix future. » Grâce à cette pré- “aution, on éviterait les lenteurs et les dissentiments que l'adversaire chercherait à faire naître. Le second motif invoqué en faveur de l'accord préalable, si ingénieux qu'il fût, supposait une loyauté et une confiance réciproque sur laquelle il eût été peut-être dangereux de tabler : « L'engagement que les alliés ont pris entre eux de ne faire
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