OBJECTIONS DE PITT A LA PAIX SÉPARÉE AVEC LA FRANCE
trouvent directement en guerre contre le roi de Prusse, notamment Sa Majesté le roi de Pologne, Électeur de Saxe, ainsi que Sa Majesté le roi de Suède, lesquels spécialement doivent être invités au futur congrès. »
Avant de relater l'accueil que reçut cette pièce de la part du cabinet anglais et des représentants du roi de Prusse, il est indispensable de rendre compte des pourparlers qui se nouèrent à La Haye en attendant la réponse des belligérants. Pendant les mois de décembre et de janvier, chacun resta sur la réserve et il n’y eut aucun essai de rapprochement entre les ministres des cours rivales, Cependant, malgré ce silence officiel, il était impossible qu'il ne se produisit pas à Londres, et surtout à La Haye, des échanges de vues sur les intentions et sur la pensée secrète des gouvernements appelés à participer au congrès. Comment fallait-il comprendre le projet de paix particulière entre la France et l'Angleterre dont parlait Affry avec une indiscrétion peut-être voulue? On mettait en effet dans la houche de cet ambassadeur un langage très significatif. Il aurait dit à Yorke : «Il faut pourtant séparer la négociation en deux et traiter nos affaires seules et sans les autres, et ensuite obliger les autres de s’accommoder, sans quoi nous ne ferons jamais rien. » En causant avec le prince Louis, il se serait écrié : « Qu'avec ur tas d’alliés à leur suite, ils n’en viendraient jamais à bout. » Quelle portée devait-on donner à ces paroles? N'étaient-elles que des boutades d'un diplomate bavard ou reflétaientelles l'opinion autorisée de son chef hiérarchique? Dans le cercle intime du cabinet de Saint James, la curiosité à ce sujet fut d'autant plus vive que les bruits de Hollande se trouvèrent confirmés par les propos qu'avait tenus le duc d’Aiguillon à un parlementaire anglais. Ce dernier, Lord Howe, avait fait à ce sujet un rapport qui fut communiqué (1) aux principaux ministres. Au cours d’une
(1) Anson à Newcastle, 27 décembre 1759. Newcastle Papers, 32900.
conférence dont le prétexte avait été un échange de prisonniers, Aiguillon n'avait pas caché son désir de voir aboutir la paix séparée avec l'Angleterre, en dehors de Madame d'Hongrie, comme il appelait l’Impératrice, et s'était fait fort d'obtenir dans ce but le renouvellement des pouvoirs qui lui avaient été donnés pour le cas d'une négociation après le débarquement en Angleterre. En présence de ces avis, Newcastle et Pitt eurent un entretien (1) sur les avantages et les inconvénients d'un arrangement particulier avec la France. D’après celui-ci, la conclusion d'une convention de ce genre, même si le roi de Prusse y était compris, laisserait ce prince dans des circonstances critiques où il aurait besoin de secours que le cabinet anglais, une fois son traité signé, serait en peine de lui faire voter. Newcastle, beaucoup plus partisan de la pacification que son collègue, estimait non sans raison que si on ne s’abouchait pas d'abord avec la France, on n'arriverait pas à la paix, peut-être pas même au congrès. Mis au courant de ce dissentiment, Hardwicke (2) se rallie à l’opinion de Pitt; l'intervention de l'Espagne dans les différends maritimes et coloniaux avec la France, qu'elle s'intitule médiation ou interlocution (3), ne lui dit rien de bon, le projet d'un congrès général est le meilleur moyen de parer le coup sans offenser S. M. Catholique; aussi faut-il s’y tenir plutôt que d’avoir recours à l’expédient de l'accord distinct avec Louis XV. Si on traite avec la France, on lui demandera de garder la neutralité dans le conflit allemand, mais elle exigera du Roi « un engagement réciproque que nous observerons de notre côté et qu'ils n’exécuteront pas du leur. » D'autre part, des objections sont à prévoir à la Chambre des Communes contre
(1) Newcastle à Hardwicke, 2 janvier 1760. Newcastle Papers, 32901. (2) Hardwicke à Newcastle, 3 janvier 1760. Newcastle Papers, 32901. (3) En dernier lieu, San Severino s'était servi de cette expression pour définir l’action du Roi Catholique.
A7 Ga RE api em tr q
de pride voir hors de rice, et ent des une né- En prétien (1) gement iclusion russe y stances net anui faire acificae si on riverait Lu COou- \ l'opis difféqu’elle rien de moyen ; aussi édient vec la lans le igagecôté et objeccontre
on pour