ULTIMATUM ANGLAIS
d'Hé- et la conclusion de notre paix particulière, Tout autre ante- moyen est inutile à tenter vis-à-vis d'alliés aussi acharnés serait que les nôtres à l’abaissement total de la maison de Branepen- debourg..... Ou le ministère anglais est de bonne foi, et de la alors lorsqu'il comprendra la sûreté et la vérité de la able, marche que nous proposons, il la prendra; ou il est de orke, mauvaise foi et veut se servir du désir que nous avons de la plus paix pour nous désunir de nos alliés; mais dans les deux inis- cas nous ne devons pas nous départir de ne faire aucune JOUr- mention du roi de Prusse dans les premières ouvertures n Se- de paix vers l'Angleterre... ce qui ne veut pas dire qu'à ndre la suite de la négociation, nous ne nous prêterons conjoine es- tement avec l'Angleterre à chercher les moyens de termint de ner les différends de nos alliés réciproques. » Puis Choiseul rven- manifeste sa crainte de voir l'Angleterre « communiquer deur nos confidences relativement au roi de Prusse aux cours de mant Pétersbourz et de Vienne. Ce soupçon subsistera toujours car il de notre côté, jusqu'à ce que Sa Majesté Britannique ait sipour gné les préliminaires relatifs à notre paix particulière... » enne lci vient le passage déjà reproduit et destiné à être mis qu'ils sous les. yeux d’Yorke, après quoi Choiseul ajoute : « Vous serait conviendrez, Monsieur, que l'on ne peut pas parler plus clairement et que si l'Angleterre ne nous entend pas, c'est put le qu'elle ne voudra pas nous entendre ». able Dans an billet à Newcastle (1), Yorke prend soin de préciiten- ser la situation : « À vous de décider si vous voulez courir le tions risque (de rompre les pourparlers), ou si vous voulez receaier : voir M. d'Hérouville en faisant en mème temps une déclapi de ration formulant vos réserves. J'ai laissé la question ouerres verte tout en me tenant sur le terrain de mes premières instructions que rien ne se traiterait si le roi de Prusse n’écrèle- tait pas compris dans l’« accommodement à faire... » Je Ki 4 sa si puis « donc exéeuter sans la moindre difficulté les ordres hu |
que je recevrai pour l'acceptation ou le refus, »
(1) Yorke à Newcastle, 15 avril {760. Newcastle Papers.
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Aux impressions du diplomate anglais, il est intéressant de comparer celles de son interlocuteur. Affry, à la suite de l'entretien du # avril (1), avait fait part à Versailles de sa conviction « que les Anglais, malgré leur désir de tirer Sa Majesté Prussienne de l’état critique dans lequel Elle se trouve, se serviront de la médiation de l'Espagne et du danger qu'il y aurait pour eux à s’y soumettre, pour prouver à ce prince qu il leur est absolument nécessaire de terminer la guerre le plus avantageusement qu'il leur sera possible, mais de la terminer, Cela me fait croire, avait-il conclu, qu'ils songeront bientôt à établir ici sérieusement une négociation directe et particulière entre nous et eux. » Après l'entrevue du 15, l'envoyé français est beaucoup moins affirmatif : « Vous les avez mis, écrit-il à son clef (2), dans la nécessité de traiter avec nous au plus tôt particulièrement, ou de souscrire aux conditions que l'Espagne dictera ou de déterminer cette puissance à faire cause commune avec nous. »
Cette fois, la réponse du cabinet de Londres ne fut pas longue à venir (3); elle était catégorique : La cour de Londres s'en tenait à son langage du 28 mars; le choix de M. d'Hérouville ne pouvait que lui être agréable, mais son voyage était sans objet, du moment que la France refusait de se conformer à la condition que Sa Majesté avait toujours posée comme « sine quà non » d’une négociation pacifique. En guise de motifs de rupture, Holdernesse alléguait les expressions intransigeantes dont se servait la cour de Versailles dans sa note du 11 avril à propos de l'exclusion du roi de Prusse : « Il n'existe, ajoutait-il, aucune différence essentielle entre les extraits des lettres de M. de Choiseul et les déclarations publiques remises au
prince Louis, par lesquelles les trois puissances belligé
1) Affry à Choiseul, 4 avril 1760, Affaires Étrangères. Hollande. (2) Affry à Choiseul, 15 avril 1760. Affaires Étrangères. Hollande, (3) Holdernesse à Yokre, 25 avril 1760. Record Office.
Î ï PITT HOSTILE AUX PROPOSITIONS FRANCAISES. 533 | | } HE sant . rantes consentent à la séparation des deux guerres... si | \ uite bien que le traité distinct, dans la forme que propose le Hi 4 s de f duc de Choiseu!, sera discuté, on ne peut pas le mécon- à 11 irer naitre, avec l’assentiment des alliés @e la France. » Cela (1 11 e se étant, «le mérite qu'Affry tire des ordres qu'il aurait recus LE | du de vous entretenir de ce sujet sans entente avec les minis- Fou- tres de Vienne et ?étersbourg, n'est, aux yeux du Roi, ter- que futilité et tromperie. Vous avez eu raison de dire à pos- M. d’Affry que seul le désir de terminer la guerre dans È it-il son ensemble et de couvrir nos alliés en les mettant sur le ent même pied que nous-mêmes avait pu déterminer la cour IX. d'Angleterre à s'avancer aussi loin qu'elle l'avait fait. Mais pd chaque degré de la négociation a été franchi sous la ré- (2), serve expresse que, dans le cas d'un accord des deux courti- ronnes sur les conditions de la paix, la cour de France sne consentira formellement et confidentiellement à l'inclusion use des alliés de Sa Majesté et nommément du roi de Prusse dans l’accommodement à faire. »
pes Le texte anglais avait été examiné et adopté dans un conon- L ciliabule dont nous trouvons le compte rendu détaillé de dans une dépèche de Knyphausen (1). Ce fut Pitt qui fit son tout échouer en refusant de se prêter à l’'équivoque qui sait eût permis à la France de poursuivre les pourparlers sans ou- se brouiller avec les Impératrices. Le grand Anglais craipè- gnait qu'en cherchant à obtenir de la Grande-Bretagne un Ilé- traité de paix séparé et indépendant de la guerre d’Allela magne, la cour de Versailles n'eût l'espoir de semer la de : division entre la puissance insulaire et le roi de Prusse. « Je au- veux dire, avait-il observé, que si nous ne commencons pas de préalablement et avant toute autre chose par nous mettre au d'accord avec la France sur ce qui concerne Sa Majesté Prusgé- sienne, il arrivera peut-être qu'elle nous fera des offres très | À éblouissantes pour la décision de nos différends, sans vou- LE 4
(1) Knyphausen à Frédéric, 1{ avril 1760. Schaefer, vol. IF, 1" partie.
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loir ensuite pourvoir à ce premier objet avec l'efficacité nécessaire... Si nous rompions avec la France pour un motif de cette espèce, qu'en arriverait-il? Elle publierait sans doute les offres qu’elle nous aurait faites et en ferait trophée, en les représentant dans l'étranger comme des marques de notre extrême cupidité, et en Angleterre comme des symptômes évidents d'une prédilection outrée en faveur du roi de Prusse, à l'opiniâtreté duquel on aurait sacrifié les intérêts les plus précieux de la nation. Je vous laisse à considérer combien ma situation par rapport à votre cour et à la paix en général deviendrait délicate et épineuse, si un pareil soupcon venait à se répandre et à s’accréditer. La confiance de la nation à mon égard commencerait sans doute à chanceler et je deviendrais peut-être un serviteur inutile à ma cour et surtout à ses alliés. » Pitt se résuma en déclarant « qu'il lui paraissait donc indispensable que l'inclusion de Votre Majesté ne fût point traitée comme un accessoire des préliminaires à négocier entre l'Angleterre et la Fro:5e, mais qu'elle en format la base et le premier article. » Le raisonnement était de nature à influencer l'esprit mobile et défiant du prince auquel il était adressé, mais on peut se demander si la crainte de compromettre l'alliance prussienne fut le seul motif qui détermina Pitt et des collègues à repousser la proposition francaise.
En effet, avant la conférence dont nous venons de parler, le cabinet de Londres avait pris connaissance de la réponse de Choiseul aux ouvertures que Frédéric lui avait faites par le canal de Froullay et es ministres avaient eu l'occasion d'entendre le rapport verbal d'Edelsheim que le Roi avait envoyé en Angleterre, Tandis que Newcastle (1) et les diplomates prussiens se montrent favorablement impressionnés par le langage du ministre de
(1) Newcastle à Hardwicke, 9 avril 1760. Newcastle Papers, 32904.
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