‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 283 sur 303 · PM TR · texte numérisé non relu

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se laissèrent convaincre, et Knyphausen écrivit à son souverain dans le mème sens. Frédéric, comme il fallait s'y attendre, goûta fort les arguments du ministre britannique et chargea (1) son représentant de lui faire «un compliment des plus onctueux et des plus polis de ma part que vous saurez imaginer. » Les restrictions à introduire dans les préliminaires deviennent plus nombreuses et plus précises : «Il faut qu'il n’y soit seulement compris l’'Angleterre, mais aussi, d’une façon qui n’admette point de chevilles, tous les alliés de l'Angleterre, moi, le Hanovre, etc. Que Ja France s'engage d'ailleurs de ne prèter plus aucun secours, ni directement, ni indirectement, aux puissances et princes qui préféreraient la continuation de la guerre. qu'au reste, elle me garantirait, conjointement avec l’Angleterre, tous mes États dont j'ai été en possession avant ia guerre présente... et qu'en conséquence l’on ne me demanderait ni cessions ni indemnisations, et que la France, dès la signature des préliminaires, retirerait ses troupes de mes forteresses et provinces dont elle est actuellement encore en possession. » Quel changement de ton depuis les instructions vieilles à peine de trois semaines données au même Knyphausen après le retour d'Edelsheim de son voyage à Paris! Sans doute les craintes formulées par Pitt sur le danger que présenterait une négociation séparée pour la stabilité de l'alliance, étaient pour beaucoup dans la modification de la pensée royale; mais il est à présumer que l'espoir de voir la Porte Ottomane (2) prendre les armes contre l'Autriche et la Russie ne fut pas étranger à la nouvelle orientation de la politique prussienne. Les avis de Rexin, é:issaire secret de Frédéric à Constantinople, faisaient prévoir la signature prochaine d’un traité d'alliance entre son maitre et le Sultan, et l'entrée en cam-

(1) Frédéric à Knyphausen, 22 avril 17,0. Correspondance politique, XIX.

(2) Frédéric à Rexin, 30 mars et 23 avril 1760, Correspondance politique, XIX.

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