L'INFANTERIE ANGLAISE DÉBOUCHE AU CENTRE
eut lieux pour la possession du village de Hahlen occupé par un détachement de la division Guerchy; il fut facilement enlevé par le prince d'Anhalt à la tête des piquets des avant-postes; les défenseurs, deux bataillons de Champagne que ne fit pas soutenir leur divisionnaire, évacuèrent les maisons en y mettant le feu. Il était neuf heures du matin. Maitre de cette importante position qui assurait son flanc droit, Ferdinand établit successivement auprès du moulin de Hahlen les batteries anglaises et hanovriennes au fur et à mesure de leur entrée en scène; bientôt 36 canons y furent installés avec le double objectif de tirer sur les masses françaises et de protéger le déploiement des troupes de Sporcken.
C'était une ‘encontre entre l'infanterie de ce général et la cavalerie de Contades qui allait trancher le sort de la journée. Les six régiments (1) anglais ct trois bataillons hanovriens, commandés par les généraux Waldegrave et Kingsley, sortirent des bois entre Hartum et Holzhausen et se formèrent à la lisière en deux lignes. Puis, à la suite d’un ordre mal interprété, cette division, sans attendre l'appui de la cavalerie encore en arrière, se porta en avant dans la bruyère de Minden; elle s’y trouva exposée au feu croisé de deux batteries françaises et souffrit beaucoup, sans cependant suspendre sa marche. C’est l'apparition de ces bataillons qui avait empêché Contades de renouveler à Broglie l’injonction de donner l’assaut aux retranchements de Todtenhausen.
Revenons maintenant au récit de cet épisode tel qu’il est présenté dans la relation officielle (2) : « Pendant le temps que M. le duc de Broglie prenait les ordres de M. le maréchal, on lui fit voir de l’iufanterie ennemie qui débouchait des bois vis-à-vis de notre centre, qui était
(1) Les régiments anglais présents à la bataille n'avaient qu'un bataillon. (2) Relation de la bataille de Minden. Archives de la Guerre. Allemagne.
soutenue de quelque cavalerie; lorsque ces troupes furent à une demi-portée de canon, l'infanterie se forma sur deux lignes avec une promptitude incroyable et marcha en avant sur la gauche de la cavalerie. »
D'après un témoin oculaire, l'officier d'état-major Plainchamp (1), le maréchal fut « comme étonné de voir qu'ils (les ennemis) avaient beaucoup d'infanterie et que nous n’en avions pas assez pour leur opposer, et dit en propres termes : Est-ce que nous n'avons pas plus d'infanterie? » Ou peut se demander en effet ce que faisaient en ce moment les 29 bataillons du comte de Guerchy et du comte de Lusace.
Nous l'avons déjà fait observer, le centre français était composé uniquement des 63 escadrons de cavalerie de la grande armée, disposés sur trois lignes, appuyés par 30 bouches à feu réparties en 2 batteries, mais sans troupes d'infanterie comme soutien. Pour arrêter les progrès des Anglais et des Hanovriens, le duc de Fitzjames, commandant en chef de la cavalerie, n'avait d'autre moyen que de les charger. «Il le fit par 11 escadrons aux ordres de M. le marquis de Castries. L'attaque fut vigoureuse, mais les ennemis ne s'en étonnèrent point; ils attendirent notre cavalerie à dix pas, lui firent le feu le plus vif et Le plus nourri, et recurent à coups de baïonnettes ceux qui s’avançaient jusqu'aux premiers rangs. » Durant la charge de Castries, le maréchal « ordonna à M. le marquis de Beaupréau d'occuper, avec les brigades de l'infanterie de Touraine et de Rouergue et huit canons de huit quelques maisons entourées de haies, qui étaient en avant de la droite de notre cavalerie, pour la protéger et prendre à revers cette infanterie ennemie qui s’avançait avec tant d’audace. »
Pendant que Beaupréau marchait ainsi sur le hameau
(1) Plainchamp à X. Minden, 1°" août 1759. Archives de la Guerre. Alle. magne, 3520.
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