‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 3)Chapitre 32 sur 303 · CHARGES DE LA CAVALERIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

CHARGES DE LA CAVALERIE FRANÇAISE

de Maulbergen (1), Maugiron, avec les brigades de Condé et d'Aquitaine, faisait un mouvement analogue sur la gauche; enfin les batteries françaises reprenaient leur tir qui battait en écharpe les bataillons anglais. A la suite de cette canonnade le second échelon de la cavalerie chargea à son tour, il y eut du flottement parmi les Anglais de la première ligne, mais Ferdinand les fit soutenir par la deuxième, augmenta ses batteries du moulin de Héhlen et envova officier sur officier à Lord Sackville, commanaant des 2% escadrons de l'aile droite, pour l'inviter à accourir sans retard au secours de l'infanterie, L'appel ne fut pas entendu, mais les autres mesures amenèrent l'effet désiré.

La seconde charge de la cavalerie française ne produisit pas plus de résultat que la première, aussi le maréchal eut-il recours à sa réserve composée des 18 escadrons de gendarmes et carabiniers. Cette masse de 2.000 cavaliers d'élite, lancée à fond de train, aborda l'infanterie ennemie de flanc et à revers et remporta quelque succès; elle perça la première ligne, maïs échoua contre la deuxième que venaient de renforcer les 6 bataillons du général Scheele et une partie de ceux de Wutgenau. Secondée par des troupes fraîches, peut-être cette charge eût-elle réussi; mais il n’en fut rien; toute la cavalerie avait donné, et les régiments qui avaient livré les premiers combats n'étaient pas en état d’en tenter un autre. Les gendarmes et les carabiniers furent très maltraités; M. de Poyanne, qui les commandait, reçut plusieurs blessures; sur 778 gendarmes présents à l'affaire, 153 furent tués ou pris, 205 blessés; des huit escadrons, il ne restait, le soir de la bataille, que 315 soldats armés, montés, et prèts à servir. L'action des 63 escadrons du centre se termina par un dernier assaut de M. de Vogué sur la droite, aussi infructueux que les autres.

(1) Ou Maulbeerkamp.

Si, à ce moment, les 2% escadrons de Sackville avaient paru sur le champ de bataille, il est probable que la déroute de Contades eût été aussi complète que celle de Soubise lors de la néfaste journée de Rossbach. Même sans cette intervention, la situation était fort critique; les entreprises de Beaupréau et Maugiron n'avaient pas mieux réussi que les charges de leurs camarades de la cavalerie. Les brigades de Touraine et Rouergue trouvèrent le hameau de Maulbergen occupé par les fantassins ennemis et furent accueillies par une fusillade qui les arrèta net; l'hésitation que cette réception occasionna fut transformée en débandade par la cavalerie hessoise du prince de Holstein, qui tomba sur elles à l’improviste. Leur général « Beaupréau fut blessé de plusieurs coups de sabre, le brigadier Monty de deux coups de feu, et elles se replièrent sur les brigades d'Auvergne et d’Anhalt que M. le maréchal placa à la hâte dans les haïes en arrière de la bruyère. » Profitant de cet avantage, les confédérés installèrent auprès de Maulbergen une batterie qui tira avec beaucoup d'activité.

L'échec de la division Beaupréau fut dû, parait-il, à une erreur de son chef. Ce dernier, soucieux de se maintenir en ligne avec Nicolaï, qui de son côté cherchait à se rapprocher de Broglie, « ordonna de rompre par quart de rang ». La manœuvre fut exécutée si près de la cavalerie ennemie que celle-ci pénétra dans les intervalles de nos bataillons avant qu'ils fussent remis en bataille. Cette surprise semble les avoir privés de tous moyens de défense, aussi furent-ils sabrés à l'exception de 2 bataillons de la gauche que la brigade de cavalerie de droite (Mestre de Camp) dégagea par un mouvement en avant. Le seul régiment de Touraine perdit, dans cette malheureuse affaire, en tués et pris, #5 officiers et 864 sous-officiers et soldats sur un effectif de 1.230.

La défaite de Beaupréau eut pour corollaire le recul de la

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