PERTES DES DEUX ARMÉES
cher de la part de M. le mar‘chal; je le joignis sur une butte entre la gorge du Weser et Minden. »
Remettons pour le moment le récit du conciliabule qui détermina l'orientation de la marche rétrograde, et constatons la situation respective des deux combattants. La bataille avait pris fin entre 10 et 11 heures du matin; l'armée de Contades avait repassé les ponts du Bastau, et après les avoir coupés pour arrêter toute velléité de poursuite, s'était réfugiée dans son camp de la veille où les projectiles ennemis lui laissèrent peu de repos. Les confédérés s'étaient avancés jusqu’au glacis de Minden, à faible distance du ruisseau; ils y restèrent toute l'aprèsmidi, puis dressèrent leurs tentes entre Hahlen et Friedewald.
Durant la matinée du 1°" août, le rôle du corps de Wangenheim fut plutôt passif; quelques escadrons de sa cavalerie prètèrent, il est vrai, leur concours au prince de Holstein et prirent part aux engagements entre Stemmer et Maulbergen, mais ses quinze bataillons ne quittèrent les retranchements qu'ils avaient garnis au cours de l’action que sur les ordres formels du prince Ferdinand; ils se bornèrent à suivre de loin le corps de Broglie sans essayer de l’entamer.
Du côté français, le déficit fut considérable; évalué par certains correspondants à 11.000 ou 12.000 hr-ames, il s'éleva, d’après les états officiels, à 7.086 tués, blessés ou pris, parmi lesquels six généraux et 438 officiers. La cavalerie, fort éprouvée, compta #6 officiers tués, 162 blessés ou pris, 1.933 sous-officiers et cavaliers mis hors de combat; les 63 escadrons du centre perdirent à peu près 28 % de leurs effectifs. L'infanterie et l'artilierie eurent un déchet d'environ 200 officiers et 4.800 hommes, qui porta principalement sur la division des grenadiers, les régiments de Touraine, Aumont, Rouergue, Aquitaine et le corps saxon. Les confédérés accusèrent une perte totale
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de 2.762 de tous rangs, dont 1.392 appartenaient aux six bataillons anglais (1), soit 30 % de leur effectif. La division Wangenheim n'eut que 502 mis hors de combat, dont moitié pour les 18 escadrons qui formaient sa cavalerie. Les vainqueurs recueillirent comme trophées #3 canons, 10 drapeaux et 7 étendards.
En résumé, la bataille de Minden, si elle n’égala pas la honte de Rossbach, ne fit honneur ni au maréchal ni à ses principaux lieutenants. Pourquoi l'avoir livrée? Sans doute Contades, quoiqu'il n'eût pas recu d'instructions positives à cet égard, n’ignorait pas le désir de sa cour de le voir remporter un succès qui le rendit maître du Hanovre; sans doute il était au courant des préparatifs de descente en Angleterre et connaissait l'obligation dans laquelle il se trouverait de fournir des contingents au corps expéditionnaire; mais fort de la confiance du souverain et du ministre, il était libre de diriger les opérations à son gré. Au lieu de risquer uz engagement offensif dont le sort était nécessairement douteux, n'avait-il pas tout bénéfice, en gardant une position pour ainsi dire inexpugnable, à attendre le résultat du siège de Lippstadt qu'Armentières allait commencer? Cette ville prise, ce qui ne demanderait que quelques jours, il aurait été rejoint par son lieutenant et aurait pu 5e servir d’une supériorité numérique fort accrue, pour forcer son adversaire à la retraite, ou, le cas échéant, pour combattre avec plus de shances en sa faveur. Si cependant l’affaiblissement des conféc ‘rés par le détachement du prince héréditaire explique dans une certaine mesure la résolution de Contades, que de fautes commises sur le champ de bataille! L'avantage acquis grâce à la marche de nuit qui avait amené les troupes sur le terrain au point du jour, fut perdu pendant la matinée. Deux ou trois heures passées dans l’inaction ou gaspillées en
(1) Ces régiments portent encore sur leurs drapeaux le nom de Minden en souvenir de leur belle conduite.
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