IMPORTANCE DE LA BATAILLE DE BERGEN
celle des Français fut égale sinon supérieure. Le maréchal de Contades (1) donne le chiffre de 3.400 et le conmissaire des guerres Dumouriez parle de 2.000 ;,lessés dans ies hôpitaux de Francfort, dont quelques-uns appartenant à l’armée confédérée, Dans celle de Broglie, les bataillons qui avaient contribué à la défense de Bergen supportèrent à eux seuls tout le poids de l'affaire ; ils y laissérent presque le quart de leur effectif. La cavalerie n'eut que 13 officiers et soldats hors de combat; dans le corps saxon, le seul officier frappé fut le lieutenant général Dyhern qui mourut de ses blessures. Cinq canons restèrent au pouvoir du vainqueur.
Au surplus, la victoire de Bergen, médiocre comme résultats si l’on n’envisage que ceux de l'engagement, eut pour effet de mettre fin à l’entreprise du prince Ferdinand. « L'événement est bien important, écrit Soubise de Versailles (2), un succès différent entraînant la perte de l’Empire et nous faisant honteusement repasser le Rhin. » Grâce à sa prévoyance et à la rapidité de sa concentration, Broglie avait conjuré le péril, et c’est avec une satisfaction légitin.e que le rédacteur du rapport français pouvait dire : « Lorsqu'on se rappellera qu’on n'a pu avoir de nouvelles certaines de la marche des ennemis que le 11 au soir, que l’armée était séparée de plus de 80 quartiers, qu’elle à été rassemblée et a gagné la bataille en 36 heures, que tous les magasins ont été conservés et qu'il à été pourvu aux garnisons et à la sûreté des villes de Hanau, de Giessen et de Mayence, on trouvera qu'il n’y à point eu de temps perdu et qu'il fallait que toutes les précautions fussent bien prises d’avance. »
Si le choix du champ de bataille, si les dispositions
(1) Contades à Belleisle. Francfort, 26 avril 1759. Archives de la Guerre,
(2) Soubise à Castries, 29 avril 1759. Archives de la Guerre.
sur le terrain pour la défense font honneur au général français, il faut avouer que pendant le combat il pécha par timidité ou excès de prudence. Ferdinand au contraire commit des fautes d'ordre opposé; la hâte et le décousu de son attaque le condamnaient à une défaite pour peu qu'il rencontrât une résistance sérieuse. IL se trompa sur les forces de son adversaire, ne fit pas précéder l'assaut de l'infanterie d'une action suffisante de l'artillerie, crut même qu’elle n'était pas indispensable, et exposa en conséquence son armée à un échec qui auait pu tourner en désasire, Sur les 21 pièces de gros canon que Ferdinand avait emmenées de Cassel, il n'en utilisa que 11, et encore la plupart ne commencèrent à tirer qu’à 6 heures du soir; par contre, il cui beaucoup à souffrir des baïteries supérieures des Français, surtout de celles qui, établies sur la lisière du bois de Wilbel, enfilaient ses lignes. La leçon ne fut pas perdue; elle fut d’ailleurs soulignée par le roi de Prusse, qui dans sa correspondance avec Ferdinand n'hésite pas à attribuer l’insuceès au manque d'artillerie. Dès le lendemain de la bataille, le prince porta ses efforts sur l'augmentation et Ja réorganisation de cette arme, avec des résultats que nous aurons l’occasion de constater dans le cours 4e la campagne.
Dans le camp français on sut gré au général de sa victoire, « M. le duc de Broglie, écrit Dumouriez (1), fait donner une gratification en vin et en viande à ses troupes; elles l'ont bien méritée. IL en a toute la confiance et la plus naïvement exprimée. » À Versailles, dans le cercle intime du Roï, on ne partagea pas l'enthousiasme du soldat. «M. le duc de Broglie, mande Soubise (2), n'obtien-
(1) Dumouriez à Fumer'on. Francfort, 14 avril 1759. Archives de la Guerre, 3514. Le futur ministre ct général de la république était alors commissaire des guerres à l'armée de Broglie.
(2) Soubise à Castries, 29 avril 1759. Archives de la Guerre.
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