‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 100 sur 361 · CONVENTION DU 11 AVRIL AVEC LA PRUSSE · texte numérisé non relu

CONVENTION DU 11 AVRIL AVEC LA PRUSSE

d’une déclaration où le roi George se dirait prêt à épouser la cause de la Prusse contre la Russie et expliquerait l’impossibilité dans laauelle il se trouvait d'armer des vaisseaux pour la Baltique. Pitt insista beaucoup sur l'avantage, au point de vue de la tactique parlementaire, de rattacher le vote du traité avec la Prusse à celui des crédits pour l’armée du Hanovre, et promit d'examiner avec ses collègues la requête, présentée par Michel, d'installer une garnison anglaise dans la ville d'Embder que les Français venaient d’évacuer. Cette dernière proposition fut acceptée par le Conseil des Ministres, sous la réserve formelle qu'elle ne créerait pas de précédent pour une participation plus étendue des troupes britanniques à la guerre du continent. En échange de cette satisfaction donnée à Newcastle et à ses amis, Pitt obtint leur assentiment à son projet de débarquement sur les côtes de la France, et à l’organisation, pour cet objet, d'un corps expéditionnaire d’une dizaine de mille hommes. Holdernesse s'empresse d'annoncer à Newcastle (1), retenu à la campagne, l’heureux accord intervenu (2) : « Tout est allé au mieux dans le cabinet aujour-

d'hui. Le Roi à été très aimable pour mon collègue (Pitt) et celui-ci en a été fort touché. L'affaire d'Embden est décidée sauf l'approbation du conseil ce soir. » Quelques inquiétudes soulevées à l’occasion de Ja mission de Knyphausen furent bien vite apaisées grâce à l’assertion de Michel que ce voyage ne changeait rien, et qu'il était autorisé (3) à signer les déclarations convenues avec Pitt au sujet de la Russie et de l'augmentation de l'armée hanovrienne. Newcastle est au comble de la joie : « Noussommes tous dans les meilleur*s dispositions ; le Roi est de bonne humeur et nos affaires extérieures prennent une excellente tournure. Le seul malheur est que nous manquerons ici

(1) Holdernesse à Newcastle, 28 mars 1758. Newcastle Papers, 32878. (2) En français dans l'original.

(3) Newcastle à Legge, 30 mars 1758. Newcastle Papers, 32878.

}} d'argent, car nous n'avons pas demandé assez pour faire face à nos besoins. » ( ! Knyphausen arriva à Londres en temps utile pour ap- PR | poser son cachet à côté de celui de son collègue Michel | au bas du traité du 11 avril 1758 (1) qui scellait l'alliance entre l'Angleterre et la Prusse. Par cet instrument diplomatique qui ne comprenait que quatre articles, le roi de la Grande-Bretagne s'engageait à payer, entre les mains et à la réquisition de Sa Majesté prussienne, la somme de k millions écus d'Allemagne, ou 670.000 livres sterling. En échange du secours, le roi de Prusse « promettait d’emt{ ployer cette somme pour le maintien et l'augmentation (Ni de ses forces, lesquelles agiront de la manière la plus utile à la cause commune et au but proposé par Leurs dites Majestés de défense réciproque et de sûreté mutuelle ».

En vertu du troisième article, « Sa Majesté Britannique { tant comme Roi que comme Électeur » et Sa Majesté Prussienne s'engageaient « à ne conclure aucun traité de paix, de trève ou de neutralité, ni aucune convention ou accord que ce soit avec les Paissances qui ont pris part à la présente guerre, que de concert et par un accord mutuel et en s’v comprenant nommément ». Le dernier article fixait à six semaines le délai de ratification.

Aussitôt après la signature, les plénipotentiaires prussiens recurent des ministres anglais une pièce (2) par laquelle le roi George promettait de demander à son Par- ( lement les crédits nécessaires pour une armée de 50.000 hommes de troupes allemandes, et prenait à sa propre charge le coût d'un complément de 5.000 hommes. Une division anglaise serait affectée à une descente sur les côtes ; de France et un régiment de même nationalité débarqué à À Embden pour y tenir garnison, Entin tout en regrettant À

(1) Convention du 11 avril 1758 (en francais). Prussia. Record Office. É (2) Déclaration annexée à la convention du 11 avril 1758. Prussia. Record OfMice.

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