‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 109 sur 361 · SIÈGE D'OLMÜTZ · texte numérisé non relu

SIÈGE D'OLMÜTZ

sans souci. Jahnus, avec un détachement composé en grande partie de Croates, harcelait la ligne d'étapes et rendait l'approvisionnement en vivres et en munitions de plus en plus précaire. D'autre part, Laudon avait pris une position menaçante aux environs de Namiescht et sur la lisière de la forêt de Laschkau. Pour se donn:r de l'air, Frédéric dirigea contre ce dernier un mouvement convergent auquel le général autrichien échappa en se retirant sur Konitz. Le lendemain de cette petite affaire, le 24 mai, Daun, dont l'effectif s'accroissait chaque jour, vint camper avec le gros de ses forces à Gewicz, à portée de son lieutenant.

Ce fut seulement dans la nuit du 26 au 27 mai que les Prussiens ouvrirent les tranchées devant Olmütz. Les inondations naturelles et artificielles, en modifiant l'aspect des lieux, ne leur avaient pas laissé le choix du point d'attaque; seul le front de la rive droite de la Marsch entre les routes d’Olschan et de Neustift était abordable; de ce côté, l'assaillant avait en outre l'avantage de profiter des hauteurs du Tabelberg, d'où son feu plongeait sur la ville et où la pente du terrain faciliterait les travaux d'approche. Une ligne de circonvallation, appuyée de quelques ouvrages de campagne, fut dessinée sur un parcours de 10 kilomètres, depuis Neustift au sud jusqu'à Hreptschein au nord d'Olmütz. Pour la défense d’une longueur pareille et pour les opérations du siège, les 16 bataillons de Keith étaient tout à fait insuffisants ; aussi avait-on eu recours à la cavalerie pour garder les intervalles entre les postes de l'infanterie. Le Liv-us au nord et la surveillance de la ronte de Silésie furent confiés au général Mayer avec 3 bataillons et 12 escadrons. Le prince Maurice de Dessau à Aschmeritz et Littau, avec 15 bataillons, autant d'escadrons et quelques hussards, le margrave Karl plus au nord à Neustadt, avec 7 bataillons et 3 escadrons, le Roi enfin vers Prossnitz à une vingtaine de kilomètres d’Olmütz sur la

route de Brünn, avec 21 bataillons et 88 escadrons, protégeaient le corps de Keith et interceptaient les communications avec la forteresse. Ces forces atteignaient un total de 55.000 à 60.000 combattants que viendraient renforcer les convalescents et les jeunes soldats des dépôts de Silésie. Le parc d'artillerie, de 81 canons, 19 obusiers et 16 mortiers, était déjà parvenu à destination. Malgré le temps perdu, Frédéric pouvait espérer (1) une heureuse issue de la campagne.

Toutefois la tâche à accomplir n'était pas aisée. Olmütz, dont les fortifications avaient été récemment reconstruites, n’était plus la bicoque des premières guerres de Silésie. Voici en quels termes l'ingénieur français Lambert (2) la décrit : « Olmütz est une bonne place de second ordre. Le côté de l'attaque est composé de # fronts presque sur une ligne droite, ce qui rend la défense d’autant meilleure; les contregardes ou bastions détachés couvrent chacun une petite tour, attachée au corps de la place qui est l’ancienne enceinte avec rempart et parapet. Les bastions sont beaux, grands et casematés ainsi que les demi-lunes; toutes les places d'armes rentrantes du chemin couvert retranchées; des galeries de mines sur tout le pourtour de ces fronts. Les fossés sont grands, qu'on assure pouvoir être mis à sec ou pleins d’eau à volonté. Avec de pareilles ressources et une fortification toute neuve et aussi régulière, on peut regarder cette place au-dessus du second ordre, et certainement en état de faire une longue et vigoureuse défense, surtout vis-àvis d’un ennemi si neuf dans l'attaque des places, à qui on peut faire cent chicanes auxquelles il ne doit pas s’attendre par son peu d'expérience. »

La garnison, forte de 7.500 hommes, était commandée

(1) Frédéric à Dohna. Prossnitz, 28 mai 1758. Correspondance Polilique,

vol, XVII, p. 34.

(2) Lambert à Belleisle. Gewicz, 2 juin 1758. Archives de la Guerre, 3476.

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