‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 11 sur 361 · RETRAITE DES FRANÇAIS SUR LE WESER · texte numérisé non relu

RETRAITE DES FRANÇAIS SUR LE WESER

argent, » Dans sa lettre du 25 (1), le conseiller de Clermont annonce la retraite sur Hameln, si les progrès des Hanovriens ne s’y opposent pas, car on court le risque d’être coupé. Le sort de Brême, dont on n'a pas d'avis, inquiète : « Le danger de perdre Brême et la garnison qui y est, quoique le mal en fût affreux, est encore ce qu'il pourrait y avoir de moins fâcheux à craindre, parce que si M. de Saint-Germain peut s’y soutenir, il ne serait peut-être pas impossible que M. le comte de Clermont n’eût le temps de marcher à son secours; mais dans ce moment-ci l’objet principal semble être de placer toute l’armée du Roi derrière Hameln. » L'évacuation ne s'effectuera pas sans pertes sensibles : « Je ne vous ferai pas le détail de tout ce que l'on est obligé d'abandonner ou de détruire... Ce qu'il y a de plus affligeant, ce sont peut-être plus de 3 à 4.000 malades que nous allons laisser à la discrétion de l'ennemi. » Ce billet se eroisa avec un courrier de Belleïsle (2) annonçant sa nomination au ministère de la Guerre en remplacement de Paulmy, et le rappel de Crémille qui sera son coadjuteur. Le vieux maréchal, rassuré par les dépèches antérieures qui faisaient espérer la conservation du Hanovre, insiste sur la houte, pour le Roi, de permettre à l'ennemi de s'emparer de ses magasins et ses hôpitaux, et sur le détestable effet que produirait la reculade sur les alliés et les puissances neutres. Les remontrances de la cour, fussent-elles parvenues en temps utile, n'auraient pu arrèter le mouvement. Le 28 février, le quartier général quitta Hanovre et gagna le camp d’Hallersprinck où il fut rejoint par l’aile droite sous les ordres de Villemeur. Du corps de Saint-Germain on était sans nouvelles, toute communication ayant été interceptée à la suite de l’affaire de Hoya.

(1) Crémille à Belleisle, Hanovre, 25 février 1758. Archives de la Guerre,

(2) Belleisle à Clermont et Crémille, 26 février 1758. Archives de la Guerre, 3472,

mt ani 5

Quoique du côté de Brunswick il n'y eût, pour employer l'expression de Voyer, que des « hussarderies » sans importance où des détachements français, se gardant mai selon l'habitude de l'armée, furent surpris et enlevés, la retraite fut un véritable désastre; les régiments firent route en une seule colonne, trainant à leur suite 2.000 voitures et 2,800 convalescents et malades. Le marquis de Valfons, vicomte de Sebourg, nous décrit le sort de ces infortunés (1) : « L'objet de mes soucis, ce sont nos malades qu'on a eu la cruauté d'abandonner et qui avaient été déjà deux jours sans nul secours, ni de commissaire, ni d’entrepreneur; chirurgien, infirmiers, tout avait déserté; les malheureuses victimes se trouvaient sans rien dans üne plaine, leurs chariots embourbé:; jy ai pensé toutes les nuits. » Villemeur, dans son rapport à Clermont (2), avoue qu'il sera forcé de laisser en arrière « une très grande partie des munitions de toutes espèces; ce sera beaucoup si l’on peut conduire toute l’artillerie, surtout les pièces de 12 ». Les chemins étaient défoncés, les chevaux rendus; « les paysans désertent et l'on est obligé de tirer dessus ».

Enfin, le gros de l’armée se trouva concentré autour de Hameln, petite place sur le Weser; il y fit un long séjour qui aurait pu être utilisé, soit pour le retour à l'offensive, soit pour l'écoulement des bagages et du matériel. Il n'en fut rien. La correspondance de Clermont et de son mentor attitré, Crémille, parle tantôt de concerter des mouvements contre le prince Ferdinand, tantôt de ramener les’ troupes au Rhin. Mais aucune décision ne fut prise. Peut-être faut-il attribuer ce résultat négatif à

(1) Sebourg au Ministre, 3 mars 1758. Archives de la Guerre, 3474.

Cet officier, qui était à l'état-major du corps de Villemeur, a laissé des mémoires intéressants publiés par son petit-neveu. Souvenirs du Marquis de Valfons. Paris, 1860.

(2) Villemeur à Clermont. Eldagessen, 28 février 1758. Papiers de Clermont, Archives de la Guerre.

emsans t ma; és, la firent 0 voiis de le ces s Mmaaient saire, it dés rien pensé Clerrrière es es- » l'arstaient ent et

utour | long tour à u marmont oncertantôt on ne patif à des mé- "quis de

e Cler-

Page 1