‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 111 sur 361 · SUCCÈS DES AUTRICHIENS A HOLITZ · texte numérisé non relu

SUCCÈS DES AUTRICHIENS A HOLITZ

La seconde parallèle fut amorcée le 5 juin, et quoique le feu de la place ne fût pas éteint, on commença à faire brèche dans le bastion le plus voisin de la porte Catherine et on dirigea deux zigzags vers le glacis du front d'attaque. Mais l’assiégé ne resta pas inactif; dans une sortie effectuée pendant la nuit du 13 juin, il bouleversa les travaux d'approche, encloua du canon et tua du monde aux Prussiens. Le 17 du même mois, eut lieu une affaire plus importante. Le général Mayer, qui avait été chargé du blucus sur la rive gauche de la Marsch et dont les forces, trop dispersées par suite de leur faiblesse, s'étendaient depuis Starnau jusqu'à Bystrowan, fut surpris à Holitz par l’Autrichien Saint-Ignon. Le régiment de cavalerie Baïreuth perdit plus de la moitié de son effectif; Mayer fut fait prisonnier. Saint-Ignon put même donner la main à quelques pelotons de cavalerie venus d’Olmütz, mais il fut à son tour repoussé par les renforts que Keith envoya au secours de ses camarades et regagna son quartier à Prerau. La veille de ce combat, Frédéric avait transféré de Neustadt à Dollein, au nord d’Olmütz, la division du margrave Karl, et remis à Retzow la surveillance générale de la rive gauche. De son côté, quelques jours avant l'affaire d'Holitz, Daun avait confié à Laudon, le plus entreprenant de ses lieutenants, la mission d'agir sur la ligne de communication des Prussiens et d'enlever leurs convois; puis, quittant son camp de Gewicz, il vint s’établir, de sa personne, le 17 juin à Eywanowitz, localité située à une vingtaine de kilomètres au sud de Prossnitz, et y fit sa jonction avec de Ville.

Inquiet de ée voisinage, Frédéric échangea le quartier général de Kleïn Latein, hameau juché sur le flanc du mont Kosir, à 15 kilomètres d’Olmütz, pour la petite ville de Prossnitz et le village de Smrzitz où il était plus à portée de son adversaire le plus redoutable. Le 20 juin, il reconnut la position de Daun d'assez près pour l’obliger à dé-

ployer son monde. Estimant qu'il avait devant jui au moins 45.000 hommes, il appela à lui la division du prince Maurice, ne laissant en arrière qu'une brigade mixte, sous les ordres du général Kreytzen, pour tenir tête aux Autrichiens postés à Williman et Luka.

En résumé, vers le 22 juin, la situation était la suivante : Dans la plaine qui entoure Olmütz et dans un rayon de 20 kilomètres, les Prussiens divisés en deux groupes principaux, l’armée du Roi cantonnée de Prossnitz à Studenetz, faisant vis-à-vis à Daun et lui barrant toute communication avec Olmütz par la rive droite de la Marsch; en arrière, le corps de siège sous Keith; sur les premiers contreforts de la région boisée qui entoure la plaine, des détachements en observation; enfin sur la rive gauche, les forces éparpillées de Retzow chargées à la fois du blocus et de la ligne de ravitaillement de Silésie. Du côté autrichien, Daun avec Harsch et de Ville avait son quartier général à Eywanowitz et ses avant-postes à Prüdlitz sur la route directe d'Olmütz; une brigade de trois régiments, à Kojetein sur la Marsch, reliait le gros de l'armée à Saint- Ignon qui, avec sa cavalerie, battait l’estrade entre Olmütz et Prerau. A l'ouest de la place assiégée, Buccow, avec 8.000 hommes, se tenait vers Konitz, et se rattachait par ses patrouilles à Laudon qui, plus au nord, préparait un <oup de main sur le grand convoi prussien en voie d’organisation à Troppau. Les Prussiens, maitres de la plaine d'Olmütz et bloquant cette ville, se trouvaient eux-mêmes cernés par les forces impériales, et sans relation assurée avec leurs dépôts et magasins de Silésie. « Il me serait bien difficile, écrivait Frédéric (1), de dire ce que le maréchal Daun fera ou non. S'il a des ordres de sa cour, il est obligé d'agir malgré lui, mais s'il ne veut avoir égard qu'aux règles de la guerre, il lui sera bien difficile de

(1) Frédéric à Keith. Smirzilz, 21 juin 1758. Correspondance Polilique, vol. KVII, p. 77.

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