‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 114 sur 361 · RELÈVE D'OLMÜTZ PAR DAUN · texte numérisé non relu

RELÈVE D'OLMÜTZ PAR DAUN

camp de Prossnitz, se préparait à recevoir l'attaque maréchal, celui-ci par une manœuvre habile, qu’il déroba aux Prussiens, effectuait la relève d’Olmütz. Stimulé par la lettre de sa souveraine (1), qui lui prescrivait de risquer une bataille plutôt que de laisser la place succomber, Daun avait fait jeter des ponts dans les environs de Kojetein; puis dissimulant son mouvement derrière un rideau de cavalerie et de troupes légères, il avait quitté sa position dans la nuit du 30 juin au 1° jvillet, et s'était porté, par une longue étape de près de #0 kilomètres, à Gross-Teinitz sur la rive gauche de la Marsch et à faible distance d’Olmütz. Dans sa dépêche à l’Impératrice, il décrit cet exploit ainsi que ses précautions pour en conserver le secret : « Quant à la marche que j'ai faite ici, je ne dois pas laisser ignorer à Votre Majesté qu'auparavant j'ai donné à l’armée des ordres si éloignés de ma véritable intenti.n, qu'on se devait attendre à tout autre chose qu'à une prochaine translocation,.… vu que j'avais ordonné d'établir diverses redoutes, de faire différentes communications et autres arrangements de cette nature. Mais contre l'attente universelle, avant-hier au soir à 10 heures j'ai levé mon camp, et n'ayant laissé prendre que deux heures de repos à la troupe, j'ai pressé avantnier, premier de ce mois, la marche et continué la marche qui a été si longue que les derniers régiments ne sont entrés qu'à 9 heures du soir dans la position que j'avais choisie. Ce qu'il y a de plus étonnant dans ceci, c’est que bien avant dans la journée l'ennemi a profondément ignoré que l'armée de Votre Majesté avait décampé, de plus encore qu'elle s'était portée de l’autre côté de la rivière. »

A la suite des événements du 30 juin et du 1° juillet, la situation des Prussiens était devenue critique. Les Au-

(1) Impératrice à Daun, 24 juin 1758. Archives de Vienne.

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trichiens, maîtres de la rive gauche de la Marsch, libres de communiquer avec la ville, pouvaient y introduire tous les secours en hommes et en munitions nécessaires pour faire durer la résistance; il leur était même facile de se joindre à la garnison pour tomber sur le corps de Keith. D'autre part, la privation des renforts attendus, la séparation de la division Zieten, la perte de la ligne de ravitaillement interdisaient aux Prussiens la continuation du siège et rendaient fort dangereux le prolongement de leur séjour dans les environs d'Olmütz. Il fallait une décision. Le Roi la prit avec cette p’umptitude et cette virilité qui, dans les circonstances adverses, lui faisaient rarement défaut.

Jusqu'au dernier moment, Frédéric avait conservé ses illusions; mais du 3 juin au 1° juiilet, le ton de la correspondance change complètement : « Je me flatte que le convoi sera sauvé, avait-il écrit à la première date (1)... ; pour ce qui est de ma conduite je ne remue pas de mon camp à moins que M. Daun ne me tourne; s’il passe le ruisseau à [von (2) je change ma position. J'ai une belle plaine très avantageuse à ma gauche et alors je le laisserai venir et l'attaquerai tout de suite. » Quelques heures

' après, il avait appris l'échec de Zieten et la marche de flanc de Daun. « Je crois dans la situation nrésente, mandet-il à Keith(3), qu'il faudra renoncer à notre siège. L’ennemi est marché à Kremsier (près de Kojetein) et de là il marchera demain à Prerau (à l’est d’Olmütz). Faites donc d’abord revenir Retzow, car après ce terrible contre-temps je ne vois plus guère à prendre Olmütz; et comme les difficultés pourraient aller en augmentant, je vous dirai

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(1) Frédéric à Keith. Smirzitz, 30 juin 1758. Correspondance Politique, vol. XVII, p. 83.

(2) Ivon ou Éiwan, village près de Tobitschau.

(3) Frédéric à Keith. Simirzitz, 1°" juillet 1758. Correspondance Polilique, vol. XVIL, p. 85.

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