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cation que l’on pourrait procurer entre l’armée de l’Impératrice-Reine, portée à Gürlitz, et l'armée russe, avancée jusqu’à l’Oder ». L'entretien qu'il eut avec Fermor faisait suite à une discussion qui se prolongeait depuis le commencement de l’année. En principe, le général russe devait obéir aux ordres de la conférence militaire siégeant à Pétersbourg; mais à ces instructions, inspirées beaucoup plus par les considérations politiques que par les nécessités stratégiques, venaient s'ajouter les lettres adressées au commandant en chef par la chancellerie de Vienne ou par le maréchal Daun. Dans ce fouillis de recommandations souvent contradictoires, il était d'autant plus difficile de se reconnaître que les événements n'étaient pas toujours d'accord avec les prévisions des correspondants; aussi, pour se tirer d'embarras, Fermor s’abritait-il le plus souvent derrière l'avis de son conseil de guerre. D’après le dernier plan élaboré à Pétersbourg, l’armée moscovite devait être divisée en deux fractions dont la plus importante s'acheminerait vers le bas Oder et l’autre sur Glogau pour se joindre aux Autrichiens. Mais des raisons d'ordres divers s'opposaient à l'exécution de ce projet. Le corps d’observation, sous le général Browne, qui était destiné à agir en Silésie, composé d'éléments médiocres, surchargé d’artillerie, était hors d'état d'entreprendre une expédition isolée. D'autre part, les conversations de Daun avec Springer, officier russe attaché au quartier général autrichien, et encore plus le langage de Kaunitz (1), autorisaient à croire que la cour de Vienne avait renoncé, pour le moment, à la conquête de la Silésie et s'était prononcée pour la marche sur la Lusace et éventuellement sur le Brandebourg. Ces divergences n’empèchaient pas, il est vrai, le chancelier d'affirmer sa confiance dans la coopération des deux
(1) Kaunitz à Fermor, 17 juillet 1758. Cité par Masslowski, vol. Il, p. 116.