FRÉDÉRIC REJOINT DOHNA
son dessein de le retrouver et de livrer bataille aux Russes: le 3 août, il écrit dans le même sens à son frère, le prince Henri, et le 8 août (1), il lui confirme les grandes lignes de son plan. A Dohna, le même jour, il indique un endroit près de Zullichau comme le point probable où il franchira l’Oder; enfin, dans une dépèche du 10 au prince Henri, il trace son itinéraire : « Le 13, je serai à Liegnitz.…. le 17 à ce village que je vous ai écrit où je veux passer l'Oder, le 18 les ponts se feront, le 19 le passage, le 20 jonction avec Dohna, et du 20 au 25 j'espère engager une affaire entre Meseritz et Posen. » Ce programme dut subir des changements à la suite du mouvement de l’ennemi sur Custrin.
A la date fixée, Le 10 août, le Roi quitta Landshut avec 1% bataillons et 38 escadrons, soit environ 14.000 combattants, laissant au margrave Charles le commandement des troupes chargées de défendre la Silésie, et des instructions détaillées pour les occurrences probables, et notamment pour le cas où le maréchal Daun ferait en Lusace l’incursion prévue. À Wartenberg, le 16 août, il apprit (2) la présence des Russes sous les murs de Custrin et le départ de Dohna pour aller dégager la place : « Je marche par Crossen où je serai le 18, mande le Roi; le 19 repos, le 21 à Francfort, le 22 dans votre armée... Quoi qu'il arrive, il faut que Custrin tienne, ou sous peine de mort, ou des plus grands supplices si quelqu'un parle de se rendre. » La menace était superflue : le soir du 1%, la garnison de la forteresse, composée d'abord de deux bataillons de dépôt, avait été renforcée de 4 bataillons, 10 escadrons de dragons et quelques hussards, que Dohna y fit entrer fort à propos sous les ordres du général Schorlemnier. A
(1) Frédéric à Henri, 8, 8 et 10 août 1758. Correspondance Politique, vol. XVII, p. 146, 151 et 158.
(2) Dohna à Frédéric. Francfort, 15 août 1758. Frédéric à Dohna. Wartenberg, 16 août 1758. Correspondance Politique, vol. XVII, p. 173,
cette occasion, le vieil et infirme gouverneur avait été remplacé par un officier énergique, le colonel de Wauttenau. Le lendemain matin, l'avant-garde russe, commandée par le chef d'état-major Stotfel, parut devant Custrin ; elle chassa facilement les postes prussiens du faubourg de la Kurze Vorstadt, et suivie bientôt par le gros de l’armée, tirailla contre l'enceinte de la ville. Pendant la nuit, les Russes établirent leurs batteries, et commencèrent le bombardement au jour. Les maisons, presque toutes en bois, furent incendiées, un magasin important de blé fut détruit, et de Custrin il ne resta debout que les fortifications encore intactes. La canonnade continua les jours suivants, mais sans résultat; la garnison, e: ommunication avec Dohna, recut des secours, son canon reprit le dessus et brüla le faubourg où étaient cantonnés les Russes. Les Prussiens essayèrent même de mettre le feu à un pont que Fermor avait fait construire à Schaumberg pour relier une ile de l’Oder à la rive droite en vue d’un passage ultérieur.
Entre temps, Rumjanzew, en marche vers Stargard, eut ordre de s'arrêter et d'occuper solidement Schwedt dont un détachement de sa cavalerie s'était emparé. Pourquoi la division Rumjanzew ne fut-elle pas rappelée ? Depuis quelques jours, Fermor devait s'attendre à la venue prochaine du roi de Prusse; il avait appris, par les prisonniers faits devant Custrin, l'approche de ce prince à la tête de forces qu'on estimait, avec l’exagération habituelle de ce genre de rapports, à 40.000 hommes; depuis lors, ces bruits avaient été confirmés presque journellement; d'autre part, il n'avais aucune aide immédiate à espérer des Autrichiens ni des Suédois. Pour repousser une attaque sur la certitude de laquelle la méthode bien connue de Frédéric ne permettait pas le doute, les deux divisions réunies sous les murs de Custrin seraïent-elles suffisantes? Ne serait-il pas sage de se renforcer du corps
QE A ne mon
me que
nn