‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 13 sur 361 · CORRESPONDANCE DE SAINT-GERMAIN AVEC CLERMONT · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE DE SAINT-GERMAIN AVEC CLERMONT

meilleur parti et qu'il n'y a rien d'autre à faire présentement que de sauver le plus de troupes qu'il serait possible. J'ose prendre la liberté de le dire à V. A.S.,iln'y a pas d’autr: moyen que de se retirer derrière le Rhin... Tout périra si Elle prend un autre parti, et si Elle ne le prend pas promptement, Elle n’y sera plus à temps. » Enfin, le même jour au soir, Saint-Germain reçoit des instructions. Clermont approuve l'abandon de Brême; avec les contingents rassemblés sur le Weser il a l'intention (1) de marcher à l'ennemi et de le forcer à repasser le fleuve. L'aile gauche devra participer à cette opération et, à cet effet, rappeler à elle la cavalerie restée à Munster. Saint- Germain, il est presque superflu de ‘e Cire, combattit (2) ce projet jugé beaucoup trop audacieux. Tout d’abord, les régiments ne sont pas capables de prendre l'offensive : « L'armée de V. A.S. est dans le plus grand délabrement, l'officier et le soldat dans la plus grande misère, et les pays entièrement épuisés de subsistances ; elle ne peut pas tenir sa cavalerie assemblée faute de fourrages, et plus loin elle descendra le Weser et moins elle en trouvera. Les chemins sont partout épouvantables et les charrois presque impossibles. J'ose même dire que les troupes, perdues par les brigandages et l’indiscipline, se conduiront mal devant l’ennemi; si elles doivent passer plusieurs nuits au bivouac elles périront en partie de maladie. » L'opération, même couronnée de succès dans le principe, n'aboutirait pas à une action décisive que l'ennemi n’accepterait pas, mais à des marches et contremarches qui achèveraient la ruine de l’armée, « Il me semble, conclut-il, qu'il ne s’agit dans la circonstance présente que de mettre en sûreté les troupes du Roi, de leur donner du repos cet le temps de se

1758. Correspondance particulière du comte de Saint-Germain, Londres, 1789.

(1) Clermont à Saint-Germain, 3 mars 1758. Papiers de Clermont. (2) Saint-Germain à Clermont. Osnabruck, 4 mass 1758. Papiers de Clermont.

réparer et de se recruter afin de pouvoii faire une belle campagne l'été prochain. Enfin il faut toujours des positions sûres pour l'hiver. Je ne crois pas me tromper en disant que, si V. A.S. poursuit son dessein, Elle y échouera et son armée périra, de facon qu'Elle ne pourra pas faire campagne l'été prochain ; il me semble qu'il est de la gloire de V. A.S.de ne rien hasarder et d'aller à coup sûr; c’est aussi le bien du service du Roi. » En attendant des ordres, il fera séjour à Osnabruck.

Une nouvelle missive du généralissime se croise avec la dépêche de sn lieutenant. Clermont s'excuse de son long sileare (1) : «J'ai mieux aimé attendre que je susse par vous-même où vous étiez retiré, sentant bien que votre retraite dépendait absolument des mouvements plus ou moins considérables que les ennemis pouvaient faire sur vous. » Puis il revient à son projet d'attaque ; il débouchera de Hameln le 6. « Arrangez vos marches de façon que vous pourrez me rejoindre, ou du moins être à portée de moi, le 8 entre Lemgow et Herworden. » Force fut à Saint-Germain de s'exécuter ; à la date fixée, il était établi à Engern sans avoir rencontré un ennemi sur sa route, et ‘apportait la présence de hussards prussiens à Lubecke, où ils s'étaient emparés d’un magasin de fourrages que personne n'avait songé à défendre ou à évacuer. Ces hussards appartenaient à la brigade du prince de Holstein et étaient l'avant-garde du prince Ferdinand qui avait commencé le siège de Minden. Alors que Saint-Germain s'imaginait avoir à ses trousses le prince de Brunswick avec toute sa division, celui-ci, comme nous l'avons vu, avait remonté le Weser, franchi ce fleuve à Hudemubhl et s'était attaqué successivement aux places de Nienburg et Minden. En réalité, Saint-Germain n'avait été suivi que par la faible brigade de Diepenbroich, et encore le général

(1) Clermont à Saint-Germain, Hameln, 4 mars 1758. Papiers de Clermont,

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