‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 139 sur 361 · CHAPITRE VI HOCHKIRCH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI HOCHKIRCH

OPÉRATIONS DE DAUN EN LUSACE ET EN SAXE, —— JONCTION AVEC L'ARMÉE DES CERCLES. — ARRIVÉE DE FRÉDÉRIC. — MARCHE DE DAUN SUR GORLITZ. — BATAILLE DE HOCH- KIRCH, — FRÉDÉRIC FAIT LEVER LE SIÈGE DE NEISSE, — TENTATIVE DE DAUN SUR DRESDE. — RENTRÉE DES AUTRI- CHIENS EN BOHÈME ET DES IMPÉRIAUX FN FRANCONIE.

Il nous a fallu suivre les opérations des Russes jusqu'à la reprise des quartiers d'hiver derrière la Vistule; elles se distinguent d'ailleurs parfaitement de la campagne de Saxe, qui se déroula pendant la seconde moitié de l’année 1758. Au moment où nous avons interrompu notre récit, le maréchal Daun, sur les confins de Ja Silésie, faisait face au roi de Prusse qui venait d'évacuer la Bohème. Le départ de Frédéric pour aller au-devant des Russes eut lieu de Landshut le 11 août; l’avant-veille, le gros de l’armée autrichienne avait commencé sa marche vers la Lusace. Ce mouvement était la mise en pratique d'un projet préparé par le maréchal et approuvé (1) par la cour de Vienne. Daun, qui ne se doutait pas du départ prochain du Roi, avait obtenu l'autorisation de transporter la majeure partie de ses forces en Lusace et de prendre, dans

(1) Dépéche du cabinet de Vienne à Daun, 29 juillet 1758. Archives de Vienne.

cette contrée, une position où il serait à même de seconder l'offensive des Russes et d’intercepter les communications de Frédéric avec le prince Henri qui commandtit en Saxe, et peut-être avec Dohna qu’on supposait à cheval sur le bas Oder; pentant que Daun agirait en Lusace, les généraux Harsch et sahnus, avec un corps de 15.609 hommes posté à Arnau et Trautenau, surveilleraient les corps prussiens qui restaient en Silésie.

Masquées par la chaine des Riesen Gebirge, les colonnes autrichiennes accomplirent leurs étapes sans rencontrer un ennemi ni même attirer l'attention des généraux prussiens. Le 20 août, Daun installa son quartier général à Gôrlitz, sur la route de Dresde à Breslau, et le lendemain envoya Laudon, à la tête de 7 à 8.000 hommes, essayer de prendre contact avec l'armée russe. En fait, Laudon ne dépassa pas la petite ville de Peitz située sur un affluent de la Sprée, et il ne pouvait en être autrement. Cetts ten. tative, que Daun ïit par acquit de conscience ct pour donner une preuve de bonne volonté, était condamnée à l'insuccès, car Laudon n'était pas en force, ei l’eût-il été, qu'il se serait heurté à l'armée royale qui se trouvait entre lui et les Russes. Au surplus, si le maréchal, en peussant son lieutenant en avant, obéissait à la lettre des instructions qui lui enjoignaient de se concerter avec le généralissime russe, il ne deva't pas conserver beaucoup d’il'usions sur la possibilité d’une action commune, cer dès le 13 août, la cour de Vienne avait été avertie du dessein de Fermor d'entreprendre le siège de Custrin et de tendre la main aux Suédois entre Custrin et Stettin (1). Sur les mouvements des Prussiens, on n'était guère mieux renseigné dans le camp impérial : « Nous sommes tous très étonnés, écrivait Montazet (2), de ce que le roi de Prusse ne se montre

(1) Stainville à Belleisle, 15 août 1758. Archives de la Guerre. Allemagne, vol. 3480.

(2) Montazet à Belleisie. Zitlau, 17 août 1758. Archives de la Guerre, 3181,

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