‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 141 sur 361 · LES AU'CRICHIENS ET LES IMPÉRIAUX SE DONNENT LA MAIN · texte numérisé non relu

LES AU'CRICHIENS ET LES IMPÉRIAUX SE DONNENT LA MAIN

en revarche, sur 42 bataillons d'infanterie il y en avait 29 appartenant aux Cercles, dont 10 de qualité inférieurs ; en tout 35 à 36.000 hommes. Malgré cet effectif respectable, le corps de Deux-Ponts, mal dirigé, médiocrement encadré, composé d'éléments disparates, quoique supérieur aux troupes qui avaient fait si triste figure à Rossbach, ne présentait qu'une valeur très relative, et était, d'après le dire de l’attaché français Boisgelin (1), « incapable de grandes opérations ». Marchant avec un flégme inoui, coupant leurs étapes par des repos prlongés, les Impériaux n'avaient franchi la frontière de Saxe que vers le milieu d'août ; ils s’établirent, le 27 de ce mois, dans l’ancien camp occupé par les Saxons pendant l'automne de 1756, la gauche devant Krischwitz, le centre et le quartier général à Struppen, la droite appuyée à l’Elbe; deux ponts jetés sur le fleuve à Schandau et à Ruden, entre Webhlen et la forteresse de Künigstein, permettaient la communication avec la rive aoite; le général Dombasle, avec une division mixte d’Impériaux et d'Autrichiens, venait de rejoindre. Aux 45.000 soldats que comptait Deux-Ponts après cette addition, le prince Henri de Prusse pouvait opposer, sans y comprendre les garnisons, 28 à 30.000 hommes de bonnes troupes; sur l'avis de l'approche de Daun, il évacua les hauteurs de Pirna et vint camper depuis Maxen jusqu’à Gamig, avec avant-garde à Gross-Sedlitz et Pirna.

De son côté, après un séjour de quarante-huit heures à Niederrüdern, Daun transféra son quartier général à Stolpen, petite ville à l’est de Dresde et au nord de Wehlen et de Pirna. Laudon, revenu de sa pointe inutile en Brandebourg, fit arrière-garde et se porta avec elle à Radeberg. Ces mouvements signitiaient l'abandon de l'effort concerté contre le prince Henri, d’après lequel le maré-

(1) Boisgelin au Ministre. Struppen, 28 août 1758. Archives de la Guerre. Allemagne. 3481.

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chal devait franchir l’Elbe près de Meissen, tourner et prendre à dos les Prussiens, pendant que le duc de Deux- Ponts les aurait attaqués de front. Dans une revue rétrospective des événements, Montazet se livre à une critique sévère du changement apporté au plan primitif, et reproduit les raisons, nous pourrions presque dire les excuses, de Daun ({): « Nous traversons la Lusace lentement à la vérité; nous arrivons à une petite marche de l'Elbe, et c'est là que nous nous arrêtons parce que Monsieur le prince Henri, qui est couvert de Dresden et de l’Elbe, ne change pas de position. Au lieu donc de jeter sur-le-champ des ponts sur l’Elbe au-dessous de Meissen et de menacer par là sa communication avec Torgau et Leipsig, manœuvre qui lui aurait nécessairement fait prendre son parti, nous nous jetons tout d’un coup sur notre gauche pour nous porter à Stolpen, et nous nous mettons par là hors d'état pour ainsi dire de rien entreprendre sur l'ennemi. Il semble même que nous nous soyons reculés pour faciliter la jonction des iroupes que le Roi de Prusse avait laissées sur iles frontières de Silésie avec celles du prince Henri. J'avoue que cette manœuvre me confondit si fort et me fâcha tellement pour le bien de la cause commune, que je me plaignis par écrit (2) à M. le Maréchal Daun. 11 m'assura que c'était malgré lui qu'il faisait cette manœuvre, mais qu'il y était forcé par le refus qu'avait fait l'armée de l’Empire de le seconder comme il le désirait. Il ajouta qu’il espérait tirer meilleur parti de cette armée quand il se serait rapproché d'elle. En un mot, nous partimes, et dès cet instant je perdis toute espérance de voir recouvrer la Saxe. »

Pour arrêter la résolution définitive, un conseil de guerre

(1) Montazet à Belleisle. Stolpen, 13 septembre 1758. Archives de la Guerre. Aliemagne. 3482.

(2) Le prétexte de la plainte était de n'avoir pas été convoqué à un conseil de guerr®,

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