EE
pourrait-il pas avoir été combiné avec les Anglais dont le débarquement se ferait en Hollande? »
Sur les intentions de l'adversaire, Clermont est tout aussi perplexe (1) que son conseiller : « Les ennemis viennent-ils avec toute leur armée sur Minden et veulentils m'y attendre, ou bien ne présentent-ils qu'un corps assez considérable pour m'occuper pendant que le reste de leurs armées filerait par les derrières, dirigeant sa marche comme je viens de le dire sur Wesel? Ont-ils le projet de m'attirer sur le Bas-Weser pour donner beau jeu au prince Henri de passer le haut de cette rivière, me séparer de la hesse et s'emparer peut-être du cours de la Lippe ? Ou bien le prince Henri veut-il se joindre au prince Ferdinand, ce qui réunirait des forces si supérieures aux miennes que mème (à supposer que j'eusse le temps de me faire joindre par M. le duc de Broglie à qui j'ai ordonné de rassembler les troupes de la Hesse sous Cassel) il serait de la dernière imprudence de se coinmettre au sort des armes dont il ne pouriait résulter que la perte entière de l’armée du Roi. Cette incertitude a droit de m'occuper, et j'emploie tout pour tâcher de découvrir leurs véritables démarches dont il est pressant d'être instruit; car je n’ai pas un moment à perdre pour longer la rive gauche de la Lippe, si les ennemis marchent sur Wesel, ni un moment à perdre de même pour les combattre s’il n’y a devant Minden que le prince Ferdinand, afin de ne pas lui donner le temps, s’il est possible, d'y avoir rassemblé toutes ses forces et toute son artillerie. » FA attendant, il ajourne la décision définitive : « J'ai été forcé de séjourner deux jours ici, sans cela je n'aurais eu ni troupes, ni artillerie. Je compte marcher demain à Alverdissen, après-demain à Lemgow; ces deux marches me portent également sur Minden et vers la Lippe. Arrivé à Lemgow, j'aurai peut-
(1) Clermont à Belleisle. Hameln, 5 mars 1758. Archives de la Guerre.