‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 168 sur 361 · LOUISBOURG ET CARILLON · texte numérisé non relu

LOUISBOURG ET CARILLON

ENVOI DE SECOURS A LOUISBOURG. — DÉBARQUEMENT DES AN- GLAIS. — TRAVAUX DU SIÈGE. — DESTRUCTION DE L’ES- CADRE FRANÇAISE. — CAPITULATION DE LA PLACE. — EX- PULSION DES HABITANTS. — OPÉRATIONS AU CANADA. — BATAILLE DE CARILLON. — PRISE DE FRONTENAC PAR LES ANGLAIS. — ÉVACUATION DU FORT DUQUESNE. — DÉ- MÈËLÉS DE VAUDREUIL ET MONTCALM. — ÉTAT DE LA CO- LONIE. — MISSION DE DOREIL ET BOUGAINVILLE. — DER- NIÈRE ESCADRE FRANÇAISE AU CANADA.

La cour de Versailles était parfaitement au courant.des projets des Anglais pour la campagne de 1758 en Amérique ; elle savait que la première et la principale attaque serait dirigée contre Louisbourg, auquel seule la présence de la formidable flotte de Dubois de Lamotte avait évité, en 1757, le danger d'un siège. Malheureusement, il était impossible de songer à réunir au Cap-Breton une armée navale de même importance; l'épidémie qui avait plus que décimé les équipages pendant la traversée et depuis le retour à- Brest, avait singulièrement diminué le personnel auquel on pouvait avoir recours: d'autre part, les captures faites avant le commencement des hostilités, les prises journalières dues à la supériorité maritime des Anglais, et la concurrence nationale

D DE SRE PTE re Le PAP me nee

om tt, pm

mn a

per

me =

des corsaires et des bâtiments munis de lettres de marque, ne laissaient que peu de monde pour le recrutement de la marine royale. Enfin les ressources financières faisaient défaut et les quelques fonds disponibles étaient accaparés pour la guerre et pour les subsides des alliés. Cependant, le département avait essayé de renforcer ses escadres de l'Océan au moyen de prélèvements sur celle de la Méditerranée, mais la surveillance qu'exereaient les Anglais au détroit de Gibraltar empêcha la tentative d'aboutir. Une première division, aux ordres de La Clue, fut obligée de se réfugier à Carthagène où elle resta bloquée plusieurs mois. Le chef d’escadre Duquesne, que nous avons vu, à la veille des hostilités, gouverneur: général du Canada, fit voile de Toulon avec mission de dégager son collègue: le 26 février, après avoir perdu deux jours en rade de Carthagène, il fut surpris par la flotte de l'amiral Osborne (1), forte de 1% vaisseaux et 6 frégates. Les 3 vaisseaux et la frégate dont se composait la division française prirent chasse, poursuivis par les Anglais ; le Foudroyant, beau bâtiment de 80 canons, fut rejoint par le Monmouth, de force inférieure, qui eut dans l'action son capitaine tué et 113 matelots tués ou blessés, mais qui réussit à démâter son adversaire, A l'arrivée de deux autres anglais, Duquesne dut amener son pavillon; il avait eu 16% hommes mis hors de combat. L'Orphée, vaisseau de 6%, succomba à peu près dans les mêmes conditions; le troisième vaisseau et la frégate purent s'échapper. Pour remplacer la flotte qu'on ne put pas reconstituer, on expédia pour le Cap-Breton ou l'Ile Royale, son nom officiel d'alors, des bâtiments isolés ou de petites flottilles composées de vaisseaux armés, les uns en guerre, les autres en flute, c'est-à-dire avec la plupart

(1) Rapport d'Osborne, Divers, Record Office, Londres. Portefeuille de Paulmy. Bibliothèque de l'Arsenal.

Page 1