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DÉBARQUEMENT DES ANGLAIS DANS L'ILE

de brigadiers, Whitmore, Lawrence et Wolfe. Le 3 juin, Louisbourg était en vue; l'amiral et le général firent aussitôt une reconnaissance pour déterminer le point de débarqu'ment. Le lendemain, presque tous les transports se trouvèrent réunis dans la baie de Gabarus, à l’ouest de la ville, mais l'état de la mer fit ajourner l'opération jusqu'au matin du 8 juin. À terre, et malgré quelques démonstrations du côté de la pointe de la Lanterne, 14 était impossible de ne pas deviner les intentions des Anglais, aussi le commandant des forces françaises avait-il eu le loisir de prendre ses mesures pour repousser la tentative de descente.

Comme presque toujours en pareil cas, les moyens de la défense étaient trop éparpuilés : une chaine de postes s'étendait depuis l’anse de la Cormorandière (Fresh Water Cove), à 6 kilomètres 1/2 de Louisbourg, jusqu'à la pointe Blanche; des ouvrages de campagne avaient été construits et armés de pièces légères; les troupes, composées de forts détachements des régiments d'Artois et de Bourgogne, de la colonie et de quelques miliciens, étaient au nombre de 2.000 hommes dont moitié à l’anse de la Cormorandière, sous les ordres du colonel de Saint- Julien, le reste réparti entre !1 Pointe Plate, la Pointe Blanche, la plus voisine de Louisbourg, et la montagne du Diabie. Au point di jour, l'affaire débuta par une canonnade des frégates ©: Boscawen, puis les soldats anglais prirent place dans | s chaloupes de la flotte et firent route vers la plage en trois divisions. A celle de gauche, sous les ordres de Wolfe, formée des grenadiers et des chasseurs du corps expéditionnaire et d'un régiment écossais, on désigna pour objectif la Cormorandière; celle de droite, beaucoup plus forte, commandée par Whitmore, se dirigea sur la Pointe Blanche; la division du centre, sous Lawrence, d'égale force, fit mine de vouloir prendre terre à la Pointe Plate: enfin quelques bâtiments eurent mis-

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sion de simuler un essai de débarquement à l'anse de Lorambec, à l’est de Louisbourg. « De cette facon, écrit Ambherst, nous avons attiré l'attention de l’ennemi de tous les côtés à la fois et l'avons empêché, leurs troupes étant postées tout le long de la plage, de secourir leur droite. L'ennemi s’est conduit avec beaucoup de sangfroid ; il n'a pas tiré un coup de fusil jusqu’à ce que les bateaux fussent à portée de la côte, et à ce moment a concentré sur eux toute son artillerie et sa mousqueterie. La lame était si forte qu'il était presque impossible d'aborder. Néanmoins, malgré le feu et la mer qui brisait avec violence, le brigadier Wolfe continua sa route et débarqua juste à la gauche de l’anse; il forma son monde, attaqua l'ennemi et le forçea à lu retraite. Plusieurs embarcations ont chaviré; d’autr:: ont été mises en .norceaux et tous les hommes ont dù se jeter à l’eau pour gagner la terre. Aussitôt la division de gauche débarquée, une section de celle du centre se porta sur la gauche. » Le reste suivit le plus vite possible et appuya les soldats de Wolfe. « Tout cela demanda beaucoup de temps; le terrain que l'ennemi a parcouru dans sa retraite, ou plutôt sa fuite, est le plus mauvais et le plus coupé que j'aie jamais vu. La poursuite a été arrêtée par le canon de la ville, ce qui a servi d'ailleurs à nous montrer à quelle portée nous pouvons commencer les travaux d'investissement. » D'après Amherst, l'affaire coûta aux Anglais 50 officiers et soldats tués ou noyés et 61 blessés. Le vainqueur ramassa une soixantaine de prisonniers (1) et s'empara de 10 pièces de canon et de 10 pierriers dont étaient garnies les fortifications de campagne que le défenseur avait élevées.

Dans leurs grandes lignes, les rapports français ne diffèrent guère de celui du général anglais : « À # heures

(1) D'après Pichon qui prit part à l'action, la perte totale des Français aurait été de 200 tués, blessés et pris.

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