BOMBARDEMENT DE LA VILLE
trancher la question, et deux fois il se prononça pour la rétention des vaisseaux dont le départ aurait eu une répercussion désastreuse sur l'esprit de la garnison. Force fut done aux marins de des Gouttes de prendre leur part des incidents du siège et de partager le sort de la place.
Un peu ébranlé par le succès des Anglais à la Cormorandière, le moral des troupes fut relevé par les mesures énergiques de Drucour et par l’arrivée du dernier demi-bataillon de Cambis que Duchaffault avait mis à terre au Port Dauphin avant de faire route pour le Canada. On organisa, pour le service des avant-postes, 5 compagnies de volontaires et on travailla activement à la réparation de l'enceinte ; cependant, il fut je 76 impossible de conserver la batterie Royale au nord de la rade: elle fut évacuée après destruction ou enclouage des pièces qu'elle contenait.
Amberst, prévenu de cet abandon, envoya le 12 juin Wolfe, avec 1.200 hommes, prendre possession de la Pointe de Rosse ou de la Lanterne; cet officier put faire le tour de la baie et s'établir sur la position indiquée sans rencontrer aucune opposition de la part de l'assiégé. Les Anglais y tracèrent une batterie dont l'armement fut apporté par mer et dont le tir était destiné à battre celui de l'ilot de la passe et des vaisseaux français embossés dans le port. Grâce au concours de la marine britannique, la besogne fut vivement menée et, le 19 juin, commença le bombardement qui dura, presque sans intermission, jusquà la fin des hostilités.
« Vers les 9 heures du soir, écrit Querdisien (1), Les ennemis allumèrent un grand nombre de feux sur les hauteurs de la côte septentrionale de la rade, et tirèrent ensuite quelques fusées qui furent sur-le-champ suivies de plusieurs volées d'une chaine de 10 mortiers
(1) Journal de Querdisien, commissaire de la Marine. Archives de la Ma-
rine.