‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 18 sur 361 · SIÈGE DE MINDEN · texte numérisé non relu

SIÈGE DE MINDEN

fluxion dans la tête, écrit-il à M"° de Pompadour (1), un très gros rhume sur la poitrine et de la fièvre, mais cela ne ralentit point mon devoir ni mon travail. C’est l'affaire de quelques jours à souffrir ; je voudrais bien n'avoir que ce sujet de souci. »

Quel contraste entre la vantardise j résolue du prince français et la décision prévoyante et virile de son antagoniste! Pendant que le premier passait son temps à gémir sur son sort et à médire de ses lieutenants qu'il laissait sans ordres, le second poursuivait son but sans trêve ni repos et savait inspirer à ses soldats, vaincus de la veille, les qualités militaires qu'il avait apprises à l'école de son maitre, le roi de Prusse.

Après un séjour à Statthagen, pour donner au parc de siège le temps de rejoindre, le prince Ferdinand porta son quartier général, le 7 mars, à Frille; de là, il traversa le Weser sur un pont jeté pendant la nuit ct alla reconnaitre la place de Minden. Antérieurement, le général Oberg avait offert au commandant une capitulation avantageuse. M. de Morangies avait répondu, en style de l’époque, qu’il n’était pas là pour rendre, mais pour défendre le ville, et qu'il espérait gagner l'estime de l'adversaire par sa conduite. Dans la soirée du 8, les tranchées furent commencées en présence du prince Ferdinand, sans opposition aucune des Français; le 9, le général en chef inspecta les travaux qu'on exécutait près de Lubecke en prévision d’une attaque de l’armée de Clermont; le 11, on avanca les parallèles et on arma les batteries. En dépit des belles paroles de Morsu;ries, la résistance avait été médiocre. « les assiégés, écrit] Anglais Boyd (2), n’ont pas tiré plus de 30 coups de canon par jour, ce qui nous fait supposer qu'ils n’ont pas beaucoup de munilions.. La place est réellement une

(1) Clermont à Mme de Pompadour, Hameln, 16 mars 1758. Papiers de Clermont, vol. XXXVI,

(2) Boyd à Newcastle, 12 mars 1758. Newcastle Papers.

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misérable bicoque, mais nous sommes encore jeunes dans l'art des sièges, aussi mettons-nous tant de respect dans notre attaque que nous n'avons eu jusqu’à présent ni tués ni blessés. » Dès la nuit du 11, on avait ouvert le feu; le 13, on jeta dans la ville des bombes qui provoquèrent des incendies; Morangies convoqua aussitôt un conseil de guerre et, sur son avis, entama des pourparlers qui aboutirent à la reddition (1) le lendemain 14. La garnison, qui avait été renforcée de celle de Nienburg et de quelques fuyards de Hoya se composait de 7 bataillons et # escadrons, et comptait, d’après le rapport du commissaire anglais, un lieutenant-général M. de Morangies, un major-général M. de la Guiche, 234% officiers et 3.468 soldats et sous-officiers ; elle déposa les armes. «Nous croyions, écrit Boyd (2), que la garnison manquait absolument de munitions puisqu’ils ont si peu tiré sur nos travailleurs; nous avons été surpris de trouver qu'ils en avaient encore au moins pour une semaine; cependant ils se sont rendus prisonniers sans grande difficulté quoique nous fussions encore à 400 pas du fossé... Les soldats ennemis étaient à moitié nus et leur cavalerie très misérablement montée. » Les Hanovriens prirent possession, dans la ville, de 2 mortiers, 9 pièces de bronze, 38 pièces de fer, de munitions diverses, et de 13.430 sacs de farine.

Pour expliquer (3) la courte durée de la résistance, Morangies invoqua le mauvais état des fortifications; « point de chemin couvert; les fossés pour la plupart secs n'ont ni escarpe ni contre-scarpe, les terres s'étant éboulées. Cette place n'est revètue nulle part; il n’y a ni écluse, ni batardeau pour retenir les eaux, et l’on en peut mettre au plus un

(1) D'après Renouard, le prince Fredinand aurait été mis au courant de l'état de la place par une dépèche interceptée de Morangies.

(2) Boyd à Holdernesse. Melle, 21 mars 1758. Mililary expeditions. Record Office.

(3) Rapport de Morangies. Archives de la Guerre, 3473.

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