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LES ANGLAIS INSTALLENT LEURS BATTERIES DE SIÈGE

Pendant les deux ou trois jours qui suivirent, la canonnade continua ; les Anglais poussèrent leurs tranchées; les Français souffrirent beaucoup du feu des canons et mortiers de Martissans. I fallut masquer les embrasures de l'éperon, « le cavalier Dauphin n'étant formé que par des pièces de charpente debout entraversées par un double rang de madriers qui soutiennent lu terre meuble dont on à fait ce cavalier, il à été fort endommagé: la terre commence à s'ébouler et : remplir le bastion Dauphin qui est fort étroit ».

Malgré les réparations effectuées sendant la puit, l'état du front d'attaque empirait d'heure en heure; dès le 19, le feu du cavalier était éteint, presque tout le matériel hors de service et Le bastion Dauphin très délabré, Entre temps, l'ennemi activait l'armement des batteries destinées à faire brèche. Pour entraver cette opération. les défenseurs organisérent, pour le 21, une grande sortie à laquelle l'escadre devait coopérer en envoyant 2 vaisseaux balayer les hauteurs de Martissans. Cette expédition + i aurait dû être exécutée dans la nuit, fut remise, et, cr suite de l'incendie des 3 vaisseaux, indéfiniment ajournée. « Le 22, rapporte Amherst (1), nous avons commencé à tirer de deux batteries de la droite avec 13 canons 16 2%, et d'une troisième avec 7 mortiers: notre tir à eu beaucoup de succès, L'ennemi a tiré de la ville pendant quelque temps avec beaucoup de vigueur: il a envoyé Les obus dans nos ouvrages. » La nuit suivante, une bombe des assiégeants mit le feu au grand corps de easerne du bastion du Roi; à peine l'incendie fut-l surmonté qu'une nouvelle explosion le ralluma du côté de l'église: on ne put pas sauver le bâtiment qui était en pierre et on s'estima heureux de conserver «la batterie du bastion du Roi qui y touche et qui étant de bois courut grand ris-

(1) Journal d'Amherst cité par Mante.

que ». La journée d'après, ce fut le tour des casernes du bastion de la Peine qui, construites en bois, devinrent promptement la proie des flammes.

La fin approchait. L'ingénieur Franquet le constatait dans son rapport du 2% (1) : « Le cavalier du bastion Dauphin est totalement détruit, et proprement il ne nous reste sur Le front attaqué en état de défense que les batteries des flancs; le canon de l'ennemi croise dans tout l'intérieur de Ja ville ; Les bombes nous désolent tellement qu'il n'y à pas un coin où l’on puisse être en sûreté. On lui compte 31 mortiers en batterie. » La constatation du lendemain est encore plus alarmante : «Il ne reste dans la place de canon en état de tirer, st dont on puisse faire usage, sur le front attaqué que 7 pièces; Îcs utres sont tellement maltraitées qu'il n'y faut plus songer. » Cependant, la profondeur de l’eau dans les fossés et l'état encore intact du chemin couvert et de l’escarpe, donnaient l'espoir de pouvoir prolonger la résistance: de quelques jours. En ottendant, la garnison employait ses nuits à déblayer le bas de Ia brèche du bastion Dauphin qui s'élargissait d'heure en heure.

Dans le camp anglais, les travaux étaient poussés avec ardeur; le 2%. l'assaillant démasqua à sa gauche une nouvelle batterie qui tira avec effet sur le flanc droit et la face droite du bastion du Roi déjà fort abimé par ie feu des derniers jours. Pour venir en side aux troupes de terre, l'amiral Boscawen débarqua (2 #00 matelots. Le soir du 2%, il n'y avait plus guère debout, sur le front battu, que le flanc droit du bastion du Roi; la brèche pouvait être rendue praticable avec des fascines. Le gouverneur, accompagné de La Houillère et de Franquet, visita les ruines du bastion Dauphin et demanda à lin-

(1) Mémoire pour le S'° Franquet. Archives des Colonie:. (2) Journal d'Amherst, Mante.

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