DESTRUCTION ET PRISE DES DERNIERS VAISSEAUX FRANÇAIS
génieur ({) « un mémoire sur l'état de la place qui paraissait annoncer une chute prochaine et le moment d'obtenir une capitulation honorable et utile ».
Le 25, les Anglais commencèrent la construction d'une batterie sur la hauteur de la Justice et débouchèrent à la sape volante pour former leur troisième parallèle. Ce travail, il est vrai, contrarié par la mousqueterie qui partait du chemin couvert, ne fit guère de progrès. Le soir, nouvelle inspection de la brèche par les généraux et les lieutenants-colonels; on la trouva plus accessible que la veille mais on convint d'en nettoyer la base tant qu'on pourrait pendant les heures d'obscurité; mal:cureusement la brièveté et la clarté des nuits ne favorisaient pas l'opération : « les ennemis firent un feu prodigieux, le canon tirait comme le jour etils tirèrent quantité de bombes ». Cette recrudescence d'activité avait pour but de seconder une tentative hardie de l'amiral anglais contre les deux survivants de l'escadre de des Gouttes. Ces deux vaisseaux étaient encore à flot dans le port: l’un d'eux, le Bienfaisant, avait enfilé avec quelque efficacité les tranchées et les batteries de l’assiégeant., I s'agissait de les prendre ou de les détruire. A cet effet, Les berges et embarcations de la flotte, en deux divisions sous les ordres des commandants Laforey et Balfour, pénétrèrent dans la rade intérieure; grâce à la brume, elles ne furent pas aperçues, et purent s'attaquer aux deux bâtiments dont elles s'emparèrent à l'abordage. Les postes de garde furent complètement surpris (2) : « Nous avons su par l'officier qui était à borT du Prudent, que sans avoir eu connaissance des chaloupes qui arrivaient pour l’enlever, étant à faire pomper, dans un instant les gaillards et pas avants avaient été couverts d'Anglais qui les ont fait descendre en bas et fermé les écoutilles. » Le Prudent,
(1) Rapport de La Houillèr
(2) Rapport de Drucour. Archives des Colonies.
aussitôt les amarres coupées, échoua et fut incendié par le vainqueur. Les matelots de Boscawen furent plus heureux en ce qui concerne le Bienfaisant œqu'is remorquèrent et mirent en sûreté au fond de la baie. Ce navire avait été si maltraité par la canonnade du siège que son grand mât tomba dans le trajet. Dans la ville, l'alarme fut donnée par l'incendie du Prudent; on courut aux remparts et on tira sur la flottille anglaise quelques coups de canon de la pièce de la Grave. Pendant l'alerte, il y eut du désordre et, comme le fait observer La Houillère, « si l'ennemi eût attaqué en même temps la brèche et l'éperon, le mur crénelé et la pointe de Rochefort, il est vraisemblable qu'il eût percé en quelque endroit ». Ce coup de main audacieux, qui ne coûts 5: «nglais que 7 tués et 9 blessés, trancha Le sort de Lou.:!sure.
Au point du jour du 26 juillet, les # pièces de la Justice ouvrirent le feu. Drucour, La Houillère, Franquet, les commandants des régiments et des Gouttes constatèrent que la brèche était devenue plus praticable que jamais. La perte des vaisseaux découvrait la place du côté du port où elle n'était défendue que par « le mur du quai de 8 à 9 pieds de haut ». Aussi, sur un mémoire de Franquet démontrant une situation désespérée, Le conseil résolut à l'unanimité d'entrer en pourparlers pour la capitulation.
Peut-être eût-il été possible de prolonger la résistance de quelques jours. Certes la brèche du bastion Dauphin était accessible et Les bastions avoisinants du Roï et de la Reine étaient en ruine; mais, pour y arriver, il eût fallu effectue un logement sur Le chemin couvert et, pour cela, franchir la retenue d'eau et les marais qui protégeaient Le front de terre. Or, l'ennenn était encore à distance et aurait été exposé dans Le trajet au feu de la garnison dont le moral restait excellent. Les véritables causes de la reddition furent le manque abris pour fr:
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