ABERCROMBY DÉBARQUE PRÈS DU PORT:GE
réguliers et 9.02% provinciaux de tous grades, prirent place à bord de 900 berges et 135 baleinières; le canon qui devait protéger la mise à terre avait été monté sur des radeaux. Après une courte halte à la baie du Dimanche, la flottille continua sa route pendant la nuit du 5 juillet et parvint à destination le 6 au matin, La veille, Bourlamaque, prévenu des préparatifs d'Abercromby parle rapport de Langy, avait envoyé un détachement de 300 volontaires, guidé par cet officier et commandé par Trepezec, capitaine de Béarn, à la Montagne Pelée pour surveiller les mouvements de l'ennemi; malgré cette précaution, il n'eut connaissance que tardivement du voisinage des Anglais. « Au jour, écrit Malartie (4), un officier détaché sur une montagne d'où il voyait fort avant sur le lae, fit signal qu'il découvrait près de 1.500 barques ou bateaux: une heure après, nous les aperçümes qui traversaient d'une rive * l'autre pour chercher un endroit propre à débarquer. À une heure (du matin), nous recûmes l'ordre de détendre, et à huit. comme les Anglais approchaient, de nous mettre en marche pour nous replier sur la Chute. » Bourlamaque resta avec les grenadiers pour couvrir la retraite et évacuer les équipages: sur les ordres réitérés (2) du quartier xénéral, il se décida à brûler ce qu'il ne put emporter et rejoignit le gros vers onze heures. Montcalm avait fait passer toutes Les troupes sur la rive gauche de la rivière de la Chute, rompre les ponts et prendre à l'armée une position d'attente.
Tard dans l'après-midi, arrivèrent aux lignes françaises des fuyards isolés, puis le commandant des volontaires, mortellement blessé, avec un peloton de quarante hommes.
(1) Journal de Malartic. Carillon, 30 juillet 1758. Archives de la Guerre. Canada, 3498.
(2) Rapport de Pontleroy au Ministre. Québec, 28 octobre 1758. Archives de la Guerre. Canada, 3498.
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Voici ce qui avait eu lieu : l'avant-garde anglaise, ayant touché terre à un endroit appelé le camp de Contrecœur, ou le Camp brûlé, avait chassé le poste francais de cinquante hommes qui y avait été placé et était ertrée dans les bo;s; elle s'était, sans 1: savoir, engagée entre l’armée de Montcalm et le détachement de Trepezec. Cet officier se rendit compte trop tard du danger qui le menaçait et chercha à rallier le gros en traversant la forêt; abandonné par ses guides sauvages, il s'égara, et quand, après une course des plus fatigantes, il essaya de repasser la rivière pour retrouver Bourlamaque qu'il croyait encore dans son camp de la rive droite, il se heurta aux têtes de colonnes anglaises. Enveloppés de toutes parts, 1es Français eurent les deux tiers de leur effectif tués, blessés ou pris. De leur côté, les Anglais firent une perte grave en la personne d'un de leurs meilleurs officiers, Lord Howe, colonel du 55", qui fut tué à le première décharge. Cette échauffourée en plein bois avait causé du désordre dans les rangs britanniques; pour y mettre fin, Abercromby fit bivouaquer ses hommes sur place et sous les armes; grâce à ce répit, les Français purent, sans être inquiétés, opérer leur concentration à Carillon.
Après queique hésitation sur la meilleure position à choisir, le général en chef s'était décidé pour un emplacement qu'il avait fait étudier et préparer par ses ingénieurs, Pontleroy et Désandrouins. Le fort de Carillon était situé, on le sait, au contluent du bras supérieur du lac Champlain et de Za rivière de la Chute, déversoir du lac George. En avant du fort construit au bord de l'eau, et dans {a direction de l’ouest, s'étend un plateau assez escarpé dont le flanc gauche s'appuie sur la rivière de la Chute et ne laisse entre lui et la rive qu'un espace restreint, À droite, au contraire, entre le versant et Îe lac Champlain, s'allonge une plaine basse et marécageuse d'une largeur de 500 toises. Pendant les jours nrécé-
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