TRAVAUX DÉFENSIFS DES FRANCAIS
dents, des travailleurs fournis par le 2" bataillon de Berry avaient ébauché des retranchements par le travers du promontoire, Le 7 juillet, « on continua l'abatis du coteau; on établit au sominet un parapet de pièce sur pièce »; en ‘’ohors du talus ainsi élevé, des arbres renversés, munis de leurs branches qu'on avait effilées, firent office de chevaux de frise. Durant toute la journée, l'ouvrage fut activement mené par la troupe disponible sous la surveillance des officiers qui prêchaient d'exemple; mais, malgré tout, on ne put achever la tranchée de droite entre le plateau et le lac; au moment de l'engagement, il n'y avait dans cette partie que 100 toises terminées.
Fort heureusement pour Montealm et sa poignée d'hommes, Abercromby perdit journée du 7; il passa la matinée à ranger ses troupes, dont bon nombre s'était égaré dans les bois après le combat du 6, et à reconstituer les vivres du sac que beaucoup de ses soldats avaient jetés pendant la marche. Dans l'après-midi, Bradstreet occupa sans résistance la scierie près de la Chute, tandis que le gros campait sur les bords de la rivière. D'après les dires des prisonniers du détachement de Trepezec, on savait que des renforts considérables étaient en route pour rejoindre Montcalm, et d'autre part, l'ingénieur Clerk, envoyé sur la rive droite pour reconnaitre la position de Carillon, affirmait qu'elle pourrait être enlevée si on ne laissait pas aux Francçaisle tes: de compléter leurs travaux; une attaque immédiate était indiquée. En conséquence, le 8 juille{, les colonnes anglaises s'ébranlèrent ; l'avant-garde, composée des chasseurs, de l'infanterie légère et d’un contingent de provinciaux, forma ua rideau de tirailleurs derrière lequel les bataillons de ligne se massèrent pour l'assaut.
Depuis son arrivée à Cérillon, Montcalm avait reçu un renfost de #00 hommes de la colonie et de Canadiens, sous
les ordres du capitaine Raymond; à neuf heures du soir, la veille de la bataille, débarquèrent les #00 hommes des bataillons de France, affectés à l'expédition sur Corlar : que Vaudreuil, sur les avis alarmants de Carillon, s'était décidé à changer de destination : enfin, le 8 juillet, au point du jour, Lévis lui-n. ‘me rejoignit l'armée où il fut accueilli par les acclamations de ses camarades. Tout compte fait, pour résister à 1#.000 ou 15.000 Anglais, le général franais disposait d'environ 4.000 hommes dont un peu plus de 3.500 appartenaient aux huit bataillons de ligne. Le deuxième bataillon de Berry fut laissé en réservé au fort de Carillon. « Les sept autres bataillons, écrit Pontleroy, faisant ensemble nombre de 2.800 à 2.900 hommes, gardèrent le retranchement du coteau dont le développement était d'environ 300 et quelques toises. Sur la gauche, à 25 toises du coteau, était la rivière de la Chute. » L'intervalle était défendu par les volontaires détachés des régiments de France, appuyés du canon du fort, dont sept pièces avaient vue sur cette partie. La trouée de droite, large d'à peu près 500 toises, fut confiée à la garde des troupes de la marine et des miliciens. « M. le chevalier de Lévis était à la droite du coteau, M. de Bourlamaque à la gauche, M. le marquis de Montcalm au centre, prêt à se porter où sa présence serait nécessaire. M. de Raymond, capitaine du détachement de la marine, à la droite du coteau dans Le fond, à la tête de sa troupe et des Canadiens. »
Au cours de la matinée, Montcalm avait fait lire aux troupes un ordre du jour énergique (1), et communiqué ses intentions à tout son personnel. A un signal concerté, les bataillons, dont cha un avait sa place assignée d’'avance, devaient garnir les parapets en lignes de trois ‘angs de profondeur. Au centre seraient postés, en ré-
(1) Cette proclamation est reproduite par Casgrain, Montcalm el Lévis, vol. I, p. 403. — Gabriel, Désandrouins, p. 169.
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