COMBAT DE CARILLON
serve, les grenadiers de toute la division prêts à courir au point menacé.
Ce furent les Indiens du parti anglais, aux ordres de lolinson, qui commencèrent l'affaire ; du bord opposé de la rivière de la Chute, ils se mirent à tirailler sur les Français; mais cette fusillade, hors de portée, ne fit aucun mal; aussi se contentèrent-ils bientôt du rôle de spectateurs. L'attaque des Anglais débuta par un feu violert de mousqueterie de leurs troupes légères embusquées derrière les arbres. Soit qu'il ne put pas amener son canon à travers la forêt, soit qu'il ne crut pas nécessaire d’avoir recours à cette arme, Abercromby ne parait pas s'être servi de son artillerie pour préparer l'assaut. « Vers une heure, continue notre narrateur, nos détachements de grenadiers, qui se tenaient en avant, apercurent l’ennemi s'avancer sur trois colonnes: ils rentrèrent tous sans confusion; on donna le signal et l'instant suivant on vit déboucher les trois colonnes, la première dirigée à la gauche du retranchement, la deuxième au centre, et la troisième, qui parut la plus forte, marchant vers le fond à la droite du coteau. » Cette dernière était précédée, en guise d'éclaireurs, de quelques sauvages et de rangers. Lévis, qui commandait de ce côté, fit prendre l'assaillant en flanc par les colcniaux et imliciens de Raymond; la diversion ainsi effectuée et les salves des régiments de la Reine et de Béarn, qui occupaient la droite du coteau, eurent pour résultat de faire obliquer les Anglais vers le centre et de les empêcher de tourner la position francaise. D'après un autre récit, la colonne anglaise aurait changé de direction pour éviter de tomber sous le canon du fort qui balayait la plaine. À partir de ce moment, l’action se concentra sur « le coteau où on fit le feu le plus vif qu'on puisse imaginer. On vit dans le même instant paraitre 28 à 30 berges qui s'épanouirent dans l’anse au-dessus du goulet de la rivière de la Chute; 7 à 8 coups
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