EXPÉDITION DE FORBES SUR L'OHIO
taquer une seconde fois, mais je commence à croire, vu la saison avancée, qu'il n'en sera rien... J'ai reçu une lettre de mon fils écrite un peu style du siècle; les détails militaires bien, un peu trop de princes et comtes d'Enpire..... J'ai grand besoin de repos. Je dois dix mille écus. Je vieillis bien. Je compte n'être à Montréal qu'avec les glaces du 10 au 20 novembre. Je vais me reposer jusqu'à Noël; de là, Québec janvier et février; mars et avril à Montréal, sans doute revenir ici ou une affaire qui sera décisive. Les Anglais sont au moins dix contre un. »
Dans les parages de l'Ohio ou de la Belle-Rivière, les événements furent d’abord favorables aux Français. Le général Forbes, chef de l'expédition contre le fort Duquesne, eut à surmonter des difficultés de transport qu'aggrava la mauvaise volonté des autorités locales. D’après les projets du printemps, Forbes devait avoir sous ses ordres 18 ou 1.900 réguliers, 5.000 provinciaux et autant d’Ind:ens qu’il pourrait réunir; mais les troupes de ligne venues d'Angleterre avaient besoir de repos (1) après une longue traversée; d'autre part, si les assemblées provinciales avaient voté les crédits nécessaires pour la solde et les accoutrements de leurs contingents, ceux-ci, encore incomplets, n'étaient pas en mesure de commencer les opérations; les Indiens, il est vrai, étaient accourus en masse et déjà quatre cents étaient en course. L'armée n’avança qu'avec lenteur; le 10 juillet, le général en était encore à annoncer son espoir d'atteindre Raestown où il s'était fait précéder par 1.500 provinciaux chargés de construire des magasins et d'établir des fortifications de campagne. «Il n’y à, écrit-il(2), ni habitants, ni maisons d’ici à l'Ohio, excepté aux forts Loudoun et Lyttleton qui
(1) Forbes à Pitt. Philadelphie, 1°* mai 1758. Record Oflice. (2) Forbes à Pitt. Carlisle Camp, 10 juillet 1758. Record Office.