SUBSIDES À LA CHARGE DE LA FRANCE
sition presque invincible à commettre aicune hostilité contre l'Électeur d'Hanovre, et beaucoup de répugnance à faire quelques entreprises contre le roi de Prusse, » Par contre, la cour de Copenhague se proposait de réunir en Holstein une armée d'observation de 24.000 hommes, et sollicitait l'autorisation d'emprunter en France les 6 ou 8 millions de francs que nécessiterait cet effort. Bernis, toujours prêt à promettre, sinon à tenir, inclinait à consentir l'avance; mais pour trouver l'argent et pour faire face à une augmentation de 6 millions accordée à la Suède, il faudrait obtenir de l'Autriche des facilités, en autres mots, suspendre ou réduire les subsides stipulés en vertu du traité secret et dont le compte se soldait déjà par un arriéré important. À cette communication peu agréable était jointe une des jérémiades habituelles de l'abbé ministre sur les conséquences de la retraite de Clermont et sur l'urgence de pourparlers en vue de la paix. Enfin, dans une troisième épitre du même jour, Bernis énumérait les subventions à la charge de la France, démontrait l'impossibilité de supporter des obligations aussi lourdes, et concluait en demandant à l'Impératrice d'accepter l'imputation, à son débit, des nouveaux paiements à faire à la Suède et au Danemark.
Grâce aux largesses déplacées de Bernis et de ses prédécesseurs la situation était devenue intolérable; en outre des versements à effectuer aux puissances du nord, le gouvernement de Louis XV avait à payer les fonds de concours garantis aux Électeurs de Bavière, Palatin et de Cologne, aux princes de Liège et d'Anhalt Zerbst, aux ducs de Wurtemberg, de Deux-Ponts et de Mecklembourg, aux margraves d’Anspach, de Baireuth et à la république de Gênes. Ces sommes, ajoutées aux mensualités dues à l'Impératrice, constituaient pour le budget des Affaires étrangères une dépense annuelle de 52 millions.
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Comme entrée en matières(1) de la négociation délicate dont il était chargé, Stainville communiqua à Kaunitz ia lettre de Clermont. Le chancelier de s’écrier que la retvaite sur îe Rhin était « l'anéantissement de tout secours »., Avant que les Français fussent en état de reprendre l'offensive, l'Impératrice serait écrasée; les Prussiens et les Hanovriens deviendraient les maitres de l'Empire. Déjà il voyait la Bohème perdue, l'armée autrichienne retirée sur le Danube, les Hanovriens à Ratisbonne, « sa maitresse subissant le joug d'ici au mois de juillet ». La réduction des subsides était l'équivalent de la paix forcée : « Sans secours ni en hommes, ni en argent », Marie-Thérèse succomberait ‘orcément; elle s'était déjà endettée cette année de 30 millions de florins et ne pourrait se passer de l'appui financier de la France.
La demande relative aux subventions était d'autant plus mal venue qu'elle ne faisait que confirmer les déplorables avis transmis par Starbemberg sur les dispositions du cabinet de Versailles. Il y eut dans les conseils de l'Impératrice une véritable crise (2); dans un billet à son chancelier, Marie-Thérèse dévoile les déceptions que lui cause l'union avec la France, se plaint er termes amers de la conduite des ministres du Roi et met sa foi dans la Tzarine : « Notre seule ressource est dans la Russie; il faut pousser vivement la raarche de ses troupes vers nos frontières; plus la France nous manque, ou est trop faible, plus nous devons nous lier avec cette dernière. » Kaunitz eut beaucoup de peine à ramener sa souveraine à de meilleurs sentiments à l’égord de la France. À propos de l'orientation des relation: extérieures, il feint de partager ses doutes sur la solidité du nouveau système, pour les combattre victorieusement en
(1) Stainville à Bernis, 26 mars 1758, Affaires étrangères, Autriche, (2) Voir Arneth, Histoire de Marie-Thérèse, vol. V, chapitre xu1.
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