‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 215 sur 361 · PLAINTES NE L'IMPÉRATRICE SUR LA CONDUITE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

PLAINTES NE L'IMPÉRATRICE SUR LA CONDUITE DE LA FRANCE

comparant les bénéfices plus ou moins illusoires que l'Autriche avait retirés de l'alliance anglaise avec les avantages que lui procurait le traité secret de Versailles, C'était prendre Marie-Thérèse par son point faible, sa rancune invétérée contre la puissance maritime dont la morgue, peut-être plus que la politique trop effrontément égoïste, avait infligé à son amour-propre une blessure encore ouverte,

Quoiqu'un peu revenue de son dépit contre le nouvel allié, l'impératrice-reine était trop franche pour ne pas faire entendre au représentant de Louis XV quelquesunes des vérités qu'elle avait sur le cœur; aussi la conversation (1) qu'elle eut avec l'ambassadeur fut-elie des plus mouvementées : Marie-Thérèse parut plus inquiète qu'il ne l'avait jamais vue; elle résuma les opérations militaires des armées francaises depuis le commencement de la guerre. « Notre faiblesse et les inconvénients qui se rencontrent à tous moments par la France » ne lui semblaient pas naturels. « I n'y à donc que quand le Roi à été contre moi que la France à pu montrer de la vigueur, Vous conviendrez, Monsieur l'ambassadeur, que cette réflexion est fâcheuse, que je dois paraitre affligée que les Français ne veuillent pas combattre pour moi, eux qui ont combattu avec tant de gloire pour tous les autres peuples de la terre, » Kaunitz, qui assistait à l'audience, unit ses efforts à ceux de Stainville pour calmer et rassurer la souveraine, « Il ne faut donc pas, selon vos avis, s'éeria celle-ci, tout abandonner et faire la paix. Et ce n'est pas, se tournant vers le Francais, lintention de votre cour. » L'ambassadeur, un peu interloqué par cette apostrophe, se répandit en protestations, et fit dévier l'entretien sur les possibilités de concours compatibles avec l'état de sa patrie. I termine son compte

(1) Stainville à Bernis, 26 mars 1758. Affaires étrangères. Autriche.

rendu en déclarant qu'il croit avoir soutenu la confiance de L. M. I. « dans un pays où tout le monde généralement (non les souverains et M. de Kaunitz), depuis 1a retraite de M. de Clermont, croit que la France trompe la maison l'Autriche ».

Cependant, malgré ses griefs, l’Impératrice ne voulut pas se montrer intransigeante et se résigna à entrer dans la voie des concessions : Sur les subsides dus pour l'année courante, elle consentit (1) une réduction de # millions de florins (10 millions de livres), c'est-à-dire d'un tiers, mais elle mit à cet abandon deux conditions : l'envoi immédiat de 30.000 hommes en Bohème et l’acquittement de l’arriéré avant le 1° juillet. La pièce officielle qui contenait cette proposition se terminait par une plainte dont la forme était aussi désobligeante que le fond était conforme à la vérité : « L'Impératrice a fait observer aussi à M. l'ambassadeur que nous serions tous perdus, et il y a longtemps, si après la bataille du 6 mai et du 5 décembre 1757 (2), on n'avait pas mis ici, à l’objet de la réparation de ses armées, plus de soins et d'activité qu'on n'en avait mis presque jusqu'ici en France à celles du Roi. Elle à témoigné à M. l'ambassadeur combien elle était peinée de ce que le Roi avait été si mal servi, et comme il ne s'agit pas de mo’ns actuellement que de sa gloire, du rétablissement de la considération de la France et de sauver la cause commune, Elle à chargé M. l’ambassadeur de représenter vivement au Roi la nécessité de toute l’activité possible et imaginable dans les moyens de réparation de toute espèce. »

A ces reproches à peine déguisés, Bernis répondit (3) sur

(1) Réponse aux propositions de M. l'ambassadeur. Kaunitz à Starhemberg, 27 mars 1758. (Annexe). Archives de Vienne.

(2) Défaites de Prague et de Leuthen.

(3) Bernis à Stainville, 7 avril 1758. Affaires étrangères. Autriche.

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