NIQUE PLAN AREAS ANDRE
« Jamais elle ne se séparerait du Roi (1), s'était-elle écriée ; non seulement elle perdrait Olmütz et Vienne, mais elle se retirerait à Peterwardein (qui est la dernière de ses possessions en Hongrie) où elle essuierait un siège plutôt que de faire la paix sans le Roi. » Sur la possibilité de terminer la guerre, elle fit sa profession de foi : « Elle avait scruté ses sentiments intimes sur le roi de Prusse: par religion elle devait écarter la haine qu'elle croyait que méritait de sa part ce prince; par le même motif et pour celui de l'amour de ses peuples elle était fort éloignée d'avoir aucune idée d’ambition, mais elle n'avait pas encore eu la force de faire le sacrifice du repos du reste de ses jours, et elle sentait que ce repos ne pourrait pas exister tant que le roi de Prusse serait en état de le troubler. Cependant elle était si fort attachée au Roi et à l'alliance que, si cela était nécessaire, ce serait à Sa Majesté qu'elle ferait ce sacrifice, mais elle demandait en grâce que l'or i e précipitit rien jusqu’à ce que les événements de la campagne décidassent les positions... Elle désirerait traiter cette matière tête-à-tête avec le Roi, parce qu'elle était bien sûre que Sa Majesté aurait Les mêmes sentiments, et même plus de fermeté qu'elle. »
Ce compliment, dont on se plaira à louer sinon la sincérité du moins la délicatesse, n'était plus mérité quand il fut mis sous les yeux de l'intéressé. Les mauvaises nouvelles du Rhin, la retraite persistante de Clermont, avaient fait évanouir le courage rensissant du cabinet de Versailles. Bernis, sans se soucier de la contradiction entre son langage et celui de son souverain, écrivait à Starhemberg une semaine après le départ de la lettre royale qui allait causer tant de satisfaction à Vienne : « Vous me consolez en vous (2) rapprochant de l'idée de
(1) Stainville à Bernis, 18 juin 1758. Affaires étrangères. Autriche. (2) Bernis à S'arhemberg, 18 juin 17:8. Archives de Yienne.
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