‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 231 sur 361 · RETOUR A LA POLITIQUE BELLIQUEUSE · texte numérisé non relu

RETOUR A LA POLITIQUE BELLIQUEUSE

De son côté, Stainville dut être agréablement surpris d'apprendre que sa dépèche du © juillet, malgré la contradiction de son contenu avec la pensée gouvernementale de cette date, avait été fort applaudie (1), que le conseil avait été unanime sur la nécessité de continuer la guerre, qu'il fallait achever la campagne avant de songer à la paix, et que, loin de faire les premiers pas, on se bornerait à accueillir les propositions des belligérants s'ils en prenaient l'initiative. Le ministre, toujours à la recherche de combinaisons nouvelles, aetruisait, il est vrai, le bon effet de ses déclarations, en, suggérant l'idée malheureuse d'obtenir de l'Impératrice son consentement à la remise aux Hollandais de la garde d'Ostende et de Nieuport.

Au reçu du courrier de Stainville, Bernis, déjà averti par Starhemberg du mécontentement causé à Vienne, comprit qu'il avait dépassé la mesure; mais au lieu d'incriminer la pensée initiale, il s'en prit (2) à l'interprétation qui en avait été donnée : « La lettre particulière que je vous ai écrite le 6 juillet portait tout entière sur li supposition de la prise d'Olmütz et sur Les suites fanestes que devait avoir cet événement, qui pour lors n'était que trop vraisemblable; mais comme cette place était délivrée lorsque veus avez recu cette même lettre, il aurait été plus sage de n'en faire aucun usage. » Désormais, il négocier : directement à Versailles avec l'envoyé impérial: « Par là nous éviterons un double inconvénient, celui de vous charger d’une commission toujours désagréable à la cour de Vienne, et celui de mettre M. de Kaunitz dans l'embarras par la différence de votre langage et de celui de M. de Starhemberg. Vous serez exactement informé de tout ce que je traiterai avec cet ambassadeur sur un point si délicat et si important, »

(1) Bernis à Stainville, 21 juillet 1758. Affaires étrangères. Autriche.

(2) Bernis à Stainville, 1°" août 1758. Affaires étrangères. Autriche.

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Pour se disculper, Stainville (1) n'eut qu'à rappeler « les ordres tellement positifs que je pouvais bien les modifier selon les circonstances, mais non pas les éluder tout à faits. D'ailleurs, il n'avait pas mis les préliminaires du 6 juillet sous les veux du chancelier, mais s'était borné à lui parler du retour aux conditions de la paix d’Aix-la- Chapelle.

Par malheur, l'affaire n'avait pas été limitée à un échange d'explications verbales. Kaunitz, en diplomate avisé qui sait tirer parti de son avantage, avait expédié à Paris une longue dépêche (2) rédisée en français et des tinée à être communiquée au ministre des Affaires ‘tran gères. Dans ce document, il se plaignait et de la lettre de Louis XV et des commentaires de Stainville que celui-ci semble avoir développés beaucoup plus que ne le feraient supposer ses rapports : «Si j'ai eu lieu d'être étonné du contenu de cette lettre qui ne cadrc nullement avec celle qui l'a précédée, je J'ai été bien davantage de ce que M. l'ambassadeur y à ajouté minisiériellement. On le charge de nous déclarer qu'il faut que, sans tarder davantage, nous fassions la paix avec le roi de Prusse sur le pied du traité d'Aix-la-Chapelle, et même pis, à ce qu'on fait entrevoir, s'il le fallait, enfin à tout prix. On se rétracte sur l’idée d'un congrès, comme étant un moyen trop long. On dit qu'I faut brusquer cette affaire, et après que l’on à demandé à traiter avec vous (Starhemberg), on envoie jusqu à un projet de préliminaires à M. de Stainville, de la communication duquel il doit sans doute avoir appréhendé les effets, puisqu'il n'a pas mème jugé à propos de me le faire voir. Vous pouvez vous imaginer l'effet que ce procédé a fait sur mon esprit. Mais pour vous le rendre plus sensible, je m'en vais mettre sous vos yeux le tableau de la conduite de la

(1) Stainville à Bernis, 15 août 1758. Affaires étrangères. Autriche. (2) Kaunitz à Starhemberg, 18 juillet 1758. Archives de Vienne.

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