NÉGOCIATIONS POUR LE NOUVEAU TRAITÉ
sultats décisifs, et de la signature d’un arrangement modifiant celui de 1757.
Dans sa réponse, Kaunitz repoussa la première solution, que Choiseul affirme n'avoir introduite que pour forcer la cour de Vienne à abattre son jeu. A la lecture du document de la chancellerie autrichienne, on retr. ave la répugnance bien connue de l'Impératrice à tout accommodement avec la Prusse et la volonté d'utiliser, contre le roi Frédéric, toutes les forces de la France; dans ce but, cette puissance était engagée à faire une paix séparée avec l'Angleterre, où à reprendre le projet favori du chancelier relatif à la neutralité du Hanovre. Comme le faisait observer Choiseul, ces pourparlers prendraient du temps, et en attendant, la cour de Vienne conserverait le bénéfice du traité secret, et la France resterait partie principale dans la lutte au lieu de revenir au rôle d’auxiliaire que lui assignait le traité défensif de 1756. Du consentement commun, on convint d'écarter toute idée de pacification générale et d'aborder l'examen de la convention entre les deux cours. À un nouveau mémoire de l'ambassade, le cabinet de l'Impératrice répliqua par une note que Choiseul emporta et qui devint le point de départ du débat entre Starhemberg et lui.
On s'était mis d'accord sur les clauses suivantes : 1° l’utilité d'antidater la pièce, afin d'en faciliter la communication aux alliés; 2° le maintien des garnisons françaises dans Les villes d'Ostende et Nieuport pendant la durée de la guerre; 3° les bons offices de l’Impératrice pour faire disparaitre des traités futurs la démolition des fortifications de Dunkerque; #° la fixation des limites en Alsace; 5° la renonciation de l'Autriche, en faveur de linfant don Philippe et de sa postérité, des droits de reversion sur les duchés italiens. Enfin, la cour de Vienne, pour le cas de l'acquisition de la Silésie et du comté de Glatz, offrait de céder à la France les prin-
GUERRE DE SEPT ANS. — T. Il. 31
cipautés de Chimay et Beaumont et quelques cantons du Luxembourg; elle abandonnait aussi les arrérages en souffrance, à l'exception des paiements dus pour les deux derniers mois de 1758. Comme on le verra par la suite, ie texte définitif, qui ne fut adopté que cinq mois plus tard, apporta des modifications à ces premières bases; mais le point essentiel était acquis : les deux gouvernements s'étaient entendus sur la nécessité de poursuivre vigoureusement la lutte, tout au moins pour l'année 1759,
Du retour de la France à la politique beiliqueuse, Choiseul donna bientôt les preuves les plus incontestables. Le cabinet de Vienne, très ému des desseins de Bernis et sous le coup d'une désertion qui paraissait imminente, s'était ouvert au cabinet de Pétersbourg, lui avait communiqué et les suggestions pacifiques venues de Versailles et les exhortations guerrières par lesquelles elle avait répondu. Conformément au désir tacitement exprimé de son alliée, la Tzarine avait chargé son ambassadeur à Paris d'appuyer les vues de l'Impératrice. En fait, la précaution de Kaunitz avait été sage, car Bernis avait invité (1) l'Hôpital, représentant de la France à Pétersbourg, à sonder le gouveriement moscovite sur la possibilité de mettre fin aux hostilités, et malgré les précautions de langage dont cette enquête devait être entourée, il était évident que la puissance du nord auait vent de la divergence qui avait éclaté, sur ce sujet délicat, entre les ministères de Versailles et de Vienne. Cependant, étant donné le caractère confidentiel des conversations engagées, le procédé était peu amical, et Choiseul se crut le droit de le relever en termes des plus vifs. Dans une lettre personnelle à Kaunitz (1), il
(1) Bernis à l'Hôpital, 13 mai 1758. Affaires étrangères. Autriche. Supplément, 17.
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